PASSIONS ET TRANSLATIONS OO
intitulé : Passio SS. marlijrum XL Sebastowrum, écrit par Évodius, évêque de Césarée(l). Ce travail lui-même, non moins que les Gesta episcoporum Neapolitanonim que nous allons étudier bientôt, montre que Jean appartenait à la classe des hommes les plus lettrés et les plus érudits de Fltalie, à une époque si sombre pour cette contrée.
A cette époque (2) encore appartient une Translation d'un Italien, laquelle se rattache également à une Vie écrite par le même auteur ; mais cette dernière forme un ouvrage indépendant et composé plus tard (3) : elle a pour titre Translatio S. Athaiiasii episcopi N€apolitani{h) . La Vie oiïre un plus grand intérêt, car, bien que Fauteur ait mis à profit V Histoire longobarde de Erchempert et les Gestes de Jean de Naples (o), il n'en donne pas moins plusieurs renseignements importants pour l'histoire de Naples et de Bénévent. Cette Vie est précédée d'une préface, dans laquelle l'auteur cherche à réfuter ceux qui nient qu'il puisse y avoir encore des saints qui brillent par des miracles. Dans la biographie elle-même, l'auteur débute en faisant l'éloge de l'Italie, et surtout de Naples, notamment au point de vue ecclésiastique ; il passe ensuite à Toriginc illustre de son héros qui, même avant sa naissance, était destiné au service de l'Eglise. Le père Sergius, dont l'auteur vante beaucoup la connaissance des langues grecque et latine (c. 2), ayant été élu duc, le siège épiscopal ne pouvait guère manquer d'être offert à Alhanase. dès qu'il deviendrait vacant. Son éducation littéraire l'en rendait digne, comme ses vertus. L'auteur célèbre surtout son ascétisme (c. 4)(6). Mais, après la
1. V. ia traduction dans les Acta SS., Martis, T. II, p. 22 sq.
2. En deux endroits de cette Vie, à la fin de la préface et à la fin du premier chapitre, l'auteur dit du Saint qu'il a vécu noslris tcwpovibu><.
3. L'indépendance résulte de l'introduction spéciale à la translation, et la postériorité de composition, d'un passage de la fin de cette introduction, passage qui renvoie à la Vie ; par contre, la conclusion de la Vie qui renvoie à la translation a été ajoutée plus tard ; elle manque dans un manuscrit.
A. Monum. German. hist.. Script., /. c. (v. p. 206, rem. 4), pag. 439 sq. et cf. p. 401.
5. V. plus loin, par rapport à ces ouvrages, p. 232 et 225 (pagination allemande).
6. Par contre, il ne trouve rien à dire de ses etîorls pour la formation et l'éducation du clergé (cf. ci-après, p. 220. pagination allemande).
224 LITTÉRATURC LATINE [210-211.]
mort du frère dAlhanase, Grégoire, qui avait succédé à son père dans le gouvernement de la ville de Naples, les choses changèrent beaucoup, au détriment de Tévêque. Sergius, fils et successeur de Grégoire, obéissant aux instigations de sa belle-mère, s'émancipa de l'influence de son oncle ; bien plus, pour régner seul, il le fit jeter en prison. Ce n'est qu'après des aventures diverses qu'il réussit à trouver un asile auprès de l'empereur Louis II, qui séjournait alors dans le Bénévent (c. 7) (1). Il resta en exil jusqu'à sa mort (872) et fut enseveli à Montecasino.
La Translation nous apprend que son corps fut transporté à Naples seulement cinq ans après, sur l'ordre de l'évèque actuel de cette ville, qui était son neveu et qui portait son nom ; cette translation n'eut pas lieu toutefois sans exciter les protestations de ses anciens adversaires. Il est propable que Sergius, dans sa lutte avec la hiérarchie, avait eu un parti derrière lui, à Naples.
Une Translation indépendante et écrite même dans le grand tyle, est le récit de celle des reliques de saint Sébastien, des Rome au monastère de Saint- Médard de Soissons. Cette translation avait eu lieu en 826. Elle a pour titre : Relatio memorabilis, cimctisque Galliarum popnlis — pereiiniler profectiva{2). Ce récit détaillé, qui comprend quarante-cinq chapitres, est l'ouvrage d'un moine de ce monastère, nommé Odilo ; il fut composé à la prière de son abbé Ingrann, et probablement dans la première décade du x^ siècle. Sans parler de quelques dates historiques que nous y trouvons, celle translation ne manque pas d'importance, comme tableau de la civilisation, bien que peut-être celte importance ne soit pas en rapport avec un récit si détaillé. L'auteur était un homme d'une éducation littéraire peu commune à cette époque et à qui un Hucbald lui-même envoya son ouvrage Vita Lebidni