‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 14 sur 311 · EXODE · texte numérisé non relu

EXODE

et le passage des Juifs à travers la mer Rouge, ainsi que la mort fie Pharaon et de son armée en font tout le sujet : c'est VExode au sens restreint du mot. Ce morceau ne comprend que cinq cent quatre-vingt-neuf lignes longues. Son indépendance se montre tout d'abord dans l'unité de la composition; le poète fait en eiïel de Moïse son héros. Dès le début, comme aussi à la fin, il chante ses louanges, quoique, dans l'esprit de la Bible, le chef des Israélites ne soit que l'instrument de Dieu, qui est le véritable vainqueur. Le poète commence donc par célébrer le sage législateur du monde à qui Dieu a permis de faire bien des miracles; il est en même temps un habile capitaine, un chef du peuple rempli de piété. « A lui Dieu a donné la force des armes contre la terreur des ennemis. » Dieu seconde son entreprise, en frappant les premiersnés des Egyptiens : alors seulement Pharaon accorde aux Hébreux la permission de sortir. Le poète ne dit rien des autres plaies, qui suivirent cette première punition.

Vient ensuite le voyage vers la mer Rouge : la description de ce voyage offre plus d'un détail singulier. Les Juifs arrivent d'abord jusque chez les nègres, dont le pays est couvert d'un casque d'air et a un sol marécageux. Les Anglo- Saxons se représentaient le désert comme un pays marécageux et infertile^ un pays de landes et de bruyères. Le nuage qui les conduit les protège contre les ardeurs du soleil : il est étendu, sur leur tête, comme une voile. La voile leur montre la route : « les marins s'avancent sur le chemin de Tonde » (v. 105). Le soir, nouveau miracle : après le coucher du soleil^ une colonne de feu commence à les éclairer de ses flammes — les bords des boucliers étincelaient, les ombres disparaissaient — , afin que la sombre bruyère avec 1' « horreur du désert » n'effrayât point l'armée. Mais la colonne lumineuse qui « marche devant » eux menace, avec ses boucles de feu(l), l'armée des Juifs, si elle ne veut pas obéir à Moïse. Ainsi guidés, les Juifs arrivent à la côte de la mer, où, fatigués, ils dressent leurs tentes (v. 134).

Là, ils apprennent que les Egyptiens sont en marche pour

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