‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 141 sur 311 · L'auteur y renvoie, à la fin du premier livre · texte numérisé non relu

L'auteur y renvoie, à la fin du premier livre

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aux etforls que fit le monarque pour rehausser le niveau scientifique, et nous raconte une anecdote à cet effet. Deux savants écossais de THibernie abordent sur la côte de la Gaule, et, chaque jour, le peuple leur adresse une seule et même question et leur demande ce qu'ils vendent; à quoi ils répondent enfin que leur marchandise était la sagesse. Leur réputation parvient jusqu'à Charles, qui les accueille avec joie et laisse l'un d'eux, démens, en Gaule, tandis qu'il envoie Tautre en Italie. Cet accueil qu'ils trouvent à la cour de Charles, attire Alcuin auprès de ce monarque (c. n) (1). L'auteur cite ensuite des anecdotes pour montrer à quel point Charles "s'intéressait personnellement aux écoles; quand il s'agissait de nommer quelqu'un aux évêchés vacants, il ne s'enquérait que de son éducation scientifique, et c'est pour ce motif qu'il faisait passer les petits avant les grands (c. m sq.); c'est là surtout ce qui lui faisait donner la préférence aux élèves d'Alcuin (c. ix). Le moine de Saint-Gall nous raconte ensuite, sous forme d'épisode (c. x), comment Tempereur releva le chant ecclésiastique dans l'empire des Francs, en faisant venir des maîtres de Rome (2). Suit une série de récits dont le but est de nous montrer les relations entre Charles et les évêques, et de nous faire voir surtout comment il élève les humbles et abaisse les superbes; ces récits, il est vrai, trahissent de la part du moine une animosité si réelle contre le haut clergé, qu'il ne peut s'empêcher de dire qu'il craint bien de se le rendre hostile (c. xvni). La plupart de ces histoires, en effet, le montrent sous un mauvais jour, même dans deux d'entre elles, le diable joue un rôle. Sous la forme d'un lépreux dégoûtant (c. xxi), il tente un évêque qui, pour faire pénitence, baigne lui-même, la veille de Pâques, les pauvres et les impurs; il vole le vin à un autre (c. xxin); il se métamorphose en mulet pour berner un prélat

1, L'auteur se trompe évidemment en admettant qu'Alcuin est venu après Clemens. C'est là aussi le jugement de Simson, Ludwig d. Fi\, vol. II, p. 257.

2. Il y a un grand écart entre ce récit et celui d'Ekkehard (v. ci-dessus, p. 143 'sri-^ Cf. Mever v. Kuonau, clans son éd. de Ekkehard. Rem. 603, p. 170.

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1res adonné à la vanité (c. xxiv). Ce dernier récit sert de transition, dit l'auteur lui-même, pour parler des Italiens. Après nous avoir raconté encore un scandale d'un évêque de ce pays, il en vient à parler de l'hostilité des Romains contre les papes> et traite de l'attentat (1) commis contre Léon, à la suite duquel Charles va à Rome pour recevoir la couronne impériale (c. xxvi). Les constructions entreprises par Charles et les escroqueries qui en sont la suite, mais que le ciel lui-même se charge de venger, forment le sujet des chapitres xxvinàxxxr. L'auteur^ après avoir encadré encore dans son récit deux histoires relatives à des ecclésiastiques, termine assez étrangement le premier livre, en nous décrivant le costume des anciens Francs, tel que le portait l'empereur et tel qu'il l'a vu luimême porté par le roi Louis le Germanique et par son fils, au monastère de Saint-Gall.

Le livre deuxième, destiné aux faits militaires, traite égalemenft des relations diplomatiques. Il débute par un coup d'œil sur les expéditions des Huns et par une peinture des fortifications spéciales de leur pays, après quoi Fauteur raconte brièvement leur défaite par Charles (c. i); viennent ensuite deux anecdotes de la guerre contre les Saxons, après quoi, le moine de Saint-Gall traite des relations de Charlemagne avec les puissances étrangères (c.v), et, en premier lieu, avec Byzance. Au moyen de tableaux animés et qui ne manquent ni de charme ni de réalisme, il nous fait le récit des ambassades réciproques de l'Empire franc et de l'Empire romain d'Orient: dans ce récit, il nous dépeint l'orgueil de Basile et le règne de l'étiquette à sa cour, de même que la fière revanche que prit Charlemagne (2). Au chapitre huitième, il raconte une am-

1. Il y a lieu de remarquer que l'auteur ne dit rien ici des miracles qui auraient été opérés à cette occasion (v. vol. II, p. 60). Il y est dit: uContigit ut quidam... eum cecare fuissent aggressi; sed divino nutu conterriti sunt et relracti, ut nequaquam oculos ejus eruerent, sed rasoriis per medios inciderent. » Cf. du reste, pour les différentes relations, Simson, Karl d. Gr., Excurs I, p. 583 sq.

2. Au début de ce chapitre, l'auteur parle des Antiennes que les ambassadeurs grecs chantaient pendant leur office divin; elles plurent tant à l'empereur qu'il en fit traduire le texte en latin.

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bassade dos « Perses »; au chapitre neuvième, une autre ambassade <( du roi des Africains » ; l'auteur nous y apprend comment Charles députe une ambassade pour y répondre, par des présents, aux présents de Y « empereur des Perses » Harun (c'est du célèbre kalife qu'il est ici question) : à cette occasion, le courage des Francs excite le plus grand étonnement parmi les Orientaux. Pour honorer Charlemagne, Harun lui donne alors la Terre-Sainte : ce n'est plus que comme son gouverneur qu^il veut l'administrer. A l'époque de Louis le Germanique on prélevait encore des impôts pour la délivrance des chrétiens qui habitaient les lieux saints. L'auteur qui en est venu ainsi à parler du père de Charles HI, en prend occasion pour s*étendre sur son histoire (c. x).

Il nous fait part d'une anecdote empruntée à la jeunesse de Louis le Germanique et destinée à montrer les grandes espérances que Charlemagne lui-même avait conçues de lui. Dans le chapitre suivant, il nous fait son portrait et nous donne en même temps des détails très circonstanciés sur le caractère de Louis. H s^était chargé, comme l'auteur nous l'apprend, de la prévôté du monastère de Saint-Gall, et, par là, s'explique l'enthousiasme du moine à son égard.

Après ces longues digressions, l'auteur revient, au chapitre douzième, aux guerres de Charlemagne. 11 fait mention, mais d'une manière obscure, d'une campagne de Charles contre les Huns, et il appelle la légende à son secours pour faire ressortir la cruauté dont elle fut suivie : il dit que tous les ennemis dont la grandeur dépassait celle d'un glaive furent passés au fil de l'épée (1). A cette légende il en rattache une autre d'une révolte des grands (2). Et cette histoire l'amène à parler de la

1. On a raconté la même légende des rois des Francs, Clotaire et Dagobert. V. J. Grimra, Deutsche Recht salterthümer, p, 104.

2. Après la mort de l'aïeul [av.us) de Charles III (sous la personnalité duquel il faut entendre Charlemagne, par suite de quoi on doit lire atavm) quelques personnages, qu'il qualifie de rpgantes spirilu superhiae iuflati, auraient essayé d'usurper la couronne au préjudice des descendants ; mais voilà que quelques hommes de la classe moyenne (nobles) s'y opposèrent en déclarant, appuyés sur l'épreuve du glaive faite par Charles, que, tant que parmi ses descendants il s'en trouverait un de la longueur d'une épée, il devait régner sur les Francs et même sur la Germanie toute entière.

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