I LE MOINE DE SATNT-GALL
conspiration de Pépin le Bossu contre Cliarles, conspiration dont il nous fait un récit légendaire. Ce n'est qu'après cette excursion qu'il revient à la guerre des Huns, en nous communiquant une anecdote plaisante des fanfaronnades d'un grand diable de géant. A cela succède le récit des entreprises de Charles contre les Normands (c. xiii sq.), puis contre les Lombards (c. xvii) ; mais Fauteur a pris soin de parler auparavant du secours que Pépin prêta au pape contre ces derniers. A cette occasion, le moine nous raconte des légendes sur le courage de Pépin luttant contre un lion et contre le diable luimême (c. xv). Après cela, il nous fait une peinture entièrement fabuleuse de l'expédition de Charles contre Desiderius: le héros principal des chansons de geste de cette partie de la légende de Charlemagne, Ogier, nous y apparaît déjà comme un fugitif qui se réfugie chez le roi des Lombards; Fauteur nous signale ici « Olkerus », comme un des premiers princes de Charles. Le moine de Saint-Gall nous raconte ensuite une anecdote sur la simplicité de l'habillement de Charlemagne, qui contraste surtout avec le luxe de sa suite, et cette anecdote le ramène à Louis le Germanique qui suivait l'exemple de son grand-père, et qui, lui aussi, prenait plaisir au fer, ainsi qu'il le prouva^ dit-on , vis-à-vis des ambassadeurs Normands (c. xviii). « Mais puisque j'ai fait mention des Normands », poursuit l'auteur (c. xix), en nous fournissant l'occasion de bien voir le caractère de la composition de son ouvrage, « je veux montrer par quelques histoires empruntées à l'époque de votre grand-père à quel point ils faisaient cas de la foi et du baptême. » Il raconte donc comment, sous Louis le Débonnaire, ils se faisaient baptiser pour obtenir les présents du baptême, et les mêmes personnes reçurent ainsi plusieurs fois le baptême, en sorte que l'une d'elles , d'après son propre aveu, se fit baptiser vingt fois. Viennent ensuite des récits de labonté et de la bienfaisance de l'empereur Louis (c.xxsq.)(i), et, au milieu du récit de cette bienfaisance, le livre se termine tout court, sans être achevé.