‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 143 sur 311 · Il y est parlé aussi des scun'dc de l'empereur (c · texte numérisé non relu

Il y est parlé aussi des scun'dc de l'empereur (c

L'analyse qui précède montre suffisamment la manière désordonnée avec laquelle Fauteur procède dans le récit de ce livre. Il nous dit ses anecdotes comme il le ferait dans le laisser-aller d'une conversation familière. Toutefois, ce désordre du récit n'est pas si complet qu'on ne voit comment une histoire conduit directement le vieux moine à une autre. Bien qu'il eût reçu Tinslruction ordinaire que recevait le clergé (1); bien qu'il montre, dans la géographie, des connaissances supérieures à celles qu'on serait en droit d'attendre de lui (2), il faut reconnaître cependant que ses connaissances en histoire sont très faibles : mais c'est précisément là ce qui le rendit d'autant plus apte à interpréter la légende populaire. Il la traita toutefois; sans doute, à sa manière et avec une liberté toute personnelle ; n'était-elle pas encore elle-même dans une phase indécise de développement? Cela ne veut pas dire pourtant que le moine de Saint-Gall n'ait lu^ ni mis à profit aucun ouvrage historique : Simson a montré le contraire d'une manière assez vraisemblable par rapport à la Vie de Charles, d'Eginhard, et aux écrits de Sulpice Sévère sur saint Marlin de Tours ; notre auteur lui-même cite V Histoire ecclésiastique Ae Bède, et la Vie de saint Ambroise^ par S. Paulin (3). Mais la source principale où il a puisé, c'est la tradition orale, laquelle, cela va sans dire, ne se bornait pas exclusivement aux (' garants » [auctores] qu'il nomme (4).

1. 11 sait son Virgile et il cite des noms empruntés à la mythologie ancienne et généralement peu connus, par exemple dans le CellariumBromii vel Ditls, 1. I, c. 23.

3. Je ne suis pas même bien éloigné de croire qu'il connaissait les lettres d'Alcuin, si je considère le passage où il est dit de lui : « Cujus in tanium doctrina in discipulis suis fructiBcavit, ut raoderni Galli sive Franci antiquis Romanis vel Atiieniensibus equarenlur, » et si je le compare avec la lettre 110 (éd. Jaiïé) où il est dit : a Si, plurimis inclitum vestrae (Caroli) intentionis Studium sequentibus, forsan Athenae nova perficeretur in Francia, immo mnlto excellenlior. »

4. C'est ainsi qu'en parlant d'Alcuin (c. 8), il fait mention de son « domnus G. » (Grimald, abbé de Saint-Gall, 841-872) qui aurait été aussi son élève. On serait tenté de croire que le moine a entendu de sa bouche maints récits qui ont trait à Alcuin et à ses élèves, et que, par conséquent, il ne les lient pas seulement de Werinbert,

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