Deutsche Gechichtsquellen, Vol. I, p
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siècle, avec Tévêché de Constance et relative à l'indépendance de ce dernier. Le récit de cette lutte, depuis le milieu du vni'' siècle jusqu'au milieu du ix« (8o4), forme la vraie donnée du livre, du chapitre vi*' au chapitre xxv"" ; les premiers chapitres traitent brièvement de la fondation du monastère ; les neuf derniers nous le montrent dans toute sa prospérité, après qu'il a obtenu son immunité et pleine et entière indépendance, jusqu'à l'élection de Bernard comme abbé, pendant que Charles III était présent, à la fin de 883.
L'histoire générale de l'Empire y trouve très peu déplace et seulement dans la mesure où elle déterminait d'une iranière immédiate les destinées du monastère. Cette chronique offre bien moins de matériaux pour l'histoire de la civilisation qu'on ne serait en droit de l'attendre d'après la signification de Saint-Gall sous ce rapport^ et d'après le degré d'éducation et la position de l'auteur. Ce qui a lieu de surprendre, c'est de voir que cet ancien Maçiste?' ne dise rien de l'enseignement scolaire, ni de l'activité littéraire, dans ce monastère; il se contente d'un mot sur l'agrandissement de la bibliothèque par les abbés Gozbert et Hartmut (c. xvi, xxvi et xxix), de même que sur les constructions et les embellissements que les deux abbés firent exécuter.
Dans les chapitres d'introduction^ le récit se base sur les biographies de Saint Colomban, de Saint Gall et d'Otmar, et ensuite notammment sur la tradition du monastère; pour les temps postérieurs, l'auteur puise ses renseignements dans sa propre expérience et mot à profit maints documents du monastère. On ne saurait nier (1) que l'exposition des démêlés du cloître avec l'évêché ne soit quelque peu partiale et faite dans l'intérêt du premier, ni qu'elle ne contienne également maintes contradictions; elle montre néanmoins, à mon avis, que^ dès son origine, le monastère n'était pas sous le même rapport de dépendance de l'évêché que lorsque ces démêlés éclatèrent.
1. P. 224 ; V. Sickel : « S. Gallen unter den ersten Karolingern in : MilLheilungen zur vaterländischen Geschichle, » vol. IV. p. 9 ; und Meyer v. Knonau, Introd. el notes.
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Même au point de vue de la forme, cet ouvrage n'a point le caraclëre des Annales, C'est un récit suivi, dans un style coulant, simple, sinon parfaitement correct, et ce n'est que pour les temps postérieurs et seulement par occasion qu'il contient des dates calculées d'après la naissance de J.-C.
Il nous faut mentionner également^ pour cette période, deux histoires d'évéchés : d'abord Gesta episcoporum Neapolitanonim^ puis les Gesta episcoporum Virdune^isium. J'ai nommé en premier lieu les Gesta episcoporum Neapolitanorum (1) et surtout la deuxième partie de ses g-estes, dont l'auteur est le diacre de l'église de Saint-Janvier, Johannes, dont il est fait mention plus haut (2); il continua la première partie, laquelle s'étend jusqu'à l'année 762 et il la conduisit jusqu'en 872. Celle-ci ne se composant que de traits de sources g-énéralement connues, elle manque de toute signification au point de vue littéraire; mais celle-là, qui en est la continuation, offre un caractère indépendant. De même que dans les Gesta pontificiim Romanorum,(\m ont servi de modèle àtouslesouvrag'es de ce genre (3), il est fait ici une mention spéciale des constructions d'églises (et, à ce sujet, l'auteur parle des peintures), de même que des objets qu'on se procurait pour le culte (4) et qui ne manquent pas d'intérêt au point de vue de l'histoire de l'art et de la civilisation. Sous ce dernier rapport, il faut remarquer également les efforts faits par le savant évêque Athanase (c. 850-872) et mentionnés par Johannes (c. 63) pour élever le niveau de l'éducation du clergé par des écoles de lecteurs et de chantres qu'il fonda, de même que par l'enseignement de la grammaire : ces efforts pourraient bien avoir profité à Johannes lui-même. Quelques évêques y sont aussi longuement caractérisés (S). On voit également avec intérêt que l'auteur a tenu compte de riiistoire profane, notamment de celle de Bvzance et desprin-
1. Dans les iVoni/m. Gerwan, hht. S'ript. lanyobard. et italk. sae'.\ vi-is (éd. Waitz), p. 402 sq.