V. Vol. I, p
nelles médilations, sans tenir compte des développements de Boëce. Plus l'intelligence difficile de son modèle le forçait à recourir aux lumières de son maître Asser(l), plus il aimait à s'éloigner hardiment du texte, quand l'ouvrage offrait à son esprit et à son cœur une impulsion pour exprimer lui-même ses propres pensées (2). C'est ainsi que son œuvre contient des parties tout originales, et reflète en général d'une manière lumineuse et complète la riche individualité de ce grand homme. Nous y voyons également qu'il était doué d'un vrai talent poétique ; il a des expressions d^un vol hardi, quand son âme l'entraîne, et il a aussi de belles comparaisons qui sont colorées par son imagination. Ces qualités sont frappantes dans la traduction de plusieurs vers de son modèle, quoique cette traduction soit en prose; car, pour écrire en vers, il devait lui manquer et le talent et Texercice 3 . Par conséquent les vers allitérants qui, dans un manuscrit prennent la place de la traduction en prose des vers de Boëce et qui se basent sur cette traduction, ne sont certainement pas de lui (4).
1. Guillaume de Malmesbury dit d'Anser : « Hic sensum librorum Boëti I)e consolatione planioribus verbis raodavit, quos rex ipse in Anglicam linguam veitit. » Gesta reg. Ajigi, 1. II, § 122.