‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 172 sur 311 · Par exemple, et surtout, dans le dernier livre · texte numérisé non relu

Par exemple, et surtout, dans le dernier livre

3. C'est ce que monirenl déjà les vers qui terminent la préface de sa traduction de la Règle des pasteurs.

4. Ces vers se trouvent en appendice dans l'édition citée ci-dessus (v. p.^262, rem. 2); de même que dans la Greins Bibliothek, Vol. II, p. 295 sq. Les auteurs qui opinent pour Ja paternité d'Aelfred sont : Hartmann : Ist König Aelfred der Verfasser der alliterirenden Uebertragung der Metrades Boètius? dans VAnglia,\o\. V, p. 411 sq; et Zimmermann, Ueber den Verfasser der altengl. Metren des Boètius. Greifs wald, 1882 (Dissert.). — Contre la paternité : Leicht, Ist König Aelfred der Verf. der allit. Metra des Boètius, dans VAnglia, Vol. VI, p. 126 sq. — Pour moi, il me suffît de savoir ce qui suit, et ce qu'on a peu foit remarquer sinon point du tout, c'est que les mètres allitérants ont un petit prologue particulier, en vers, qui, à coup sûr, ne peut pas être d'Aelfred; de plus, il y a, comme premier poème, une versiücation du premier chapitre delà traduction, qui a été ajoutée par Aelfred pour l'intelligence de l'ouvrage, et qui s'étend brièvement sur la personne et le motif de la captivité de Boëce. Je trouve absolument mconcevable qu'Aelfred ait mis ce chapitre en vers, après l'avoir écrit en prose. Apparemment ces mètres allitérants avaient été composés et édiles d'abord à part par un autre, et c'est pour cela qu'ils furent réunis en pro-

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Ils sont par conséquent de tout aussi peu de valeur, pour l'histoire littéraire, qu'ils le sont au point de vue esthétique.

Nous trouvons un lien de parenté très grande entre cet ouvrage d'JElfred et une élaboration postérieure des deux livres des Soliloques de saint Augustin, donnée sous le nom de ce monarque et qui doit lui être très probablement attribuée, ainsi que l'enseigne Wülker dans une étude approfondie (1). L'original lui-même, dans sa forme dialoguée — un colloque de la Raison avec l'auteur —, nous rappelle l'ouvrage de Boëce. L'élaboration anglo-saxonne est tout à fait analogue à celle de ce dernier : tantôt l'auteur se rattache plus ou moins à l'original comme dans le premier livre; tantôt, il se meut avec une entière liberté dans le développement de ses preuves, comme dans le second, où il ne fait que reproduire les pensées isolées de saint Augustin. Mais le remanieur y a ajouté aussi un livre tout entier, en s'appuyant, il est vrai, sur un autre écrit de saint Augustin, l'Epître Devidendo Deo, à laquelle il emprunte ses pensées principales^ en puisant en même temps plusieurs phrases dans les ouvrages de saint Grégoire. Si Alfred en est réellement l'auteur, son « manuel » doit lui avoir rendu de grands services pour ce travail.

Les traductions d'^Elfred étaient les premières que possédassent les Anglo-Saxons, ainsi qu'il nons l'apprend lui-même ; par elles, la prose fut portée à un haut degré de perfection, et la diversité des ouvrages traduits parle roi n'y fut point étrangère.

Or, ce monarque, si plein de zèle pour répandre une haute culture intellectuelle au milieu de son peuple, ne se contenta pas de son activité de traducteur, quelque variée et importante qu'elle fût ; il donna aussi l'impulsion à d'autres personnes. C'est ainsi que, sur son désir, l'évêque Werfrith, mentionné

logue et au premier chapitre versifié; plus tard ils furent ajoutés à la traduction d'Aelfred.

1. Dans: The Shrine, a Collection of occasional papers, éd. by Cockayne, p. 163 sq. (Blooms by king- AelIVed). — Wülker. V eher die angelsächsische Bearbeitung der Solihquien Augusiins, dans : Paul und Braiine's Beiträgen, Vol IV, p. 101 sq. — Pour l'ouvrage de saint Augustin, v. Vol. I, p. 233 (paginât, allem.).

dôjà ci-dessus, traduisit les Dialogues de saint Grégoire le (irand (H, ce livre si aimé au moyen-âge, et d'autant plus cher aux Saxons que ce peuple avait une plus haute vénération pour ce grand pape. Cette traduction qui n'a point encore élé imprimée, est hautement vantée par Asser (2) à cause de la clarté et de l'élégance du style.

L'influence d'^Elfred sur la littérature de son époque favorisa surtout la prose ; mais elle se manifesta aussi, soit directement^ soit indirectement, dans le domaine de l'histoire. Pendant son règne, en effet, non seulement on y élargit et on compléta les Annales (3) anglo-saxonnes, mais on les continua dans un style plus élevé. La base première de cet ouvrage reposait surdes notices, simultanées et sans profondeur, d'ecclésiastiques de Cartorbery ; ces notices élargies par un clerc dans l'intérêt de Wessex, devinrent une Chronique qui va de Tannée 736 à 85o, en donnant une plus grande part à l'intérêt laïque. Cela avait lieu avant qu'.Elfred ne montât sur le trône. Mais, sous son règne, cette chronique fut reprise à Winchester, en remontant les âges jusqu'à l'année 60 avant Jésus-Christ,époqueoùJules César aborda enAngleterre, et elle fut menée jusqu'à l'année 7o5 ; l'auteur puisa ses matériaux principalement dans \a.Récapitulatw?i de r histoire ecclésiastique de Bède, dans cette Histoii^e elle-même, dans une Chronique universelle, et dans les Catalogues des rois anglo-saxons. De plus, elle fut continuée peu à peu jusqu'en 893, et, à ce qu'il semble, par le même auteur qui, à partir du règne d'iElfred surtout, a plus ou moins écrit au fur et à mesure des évène-

p. 520 sq 2. L. c, p. 46.

>. ^. w., p. ^Kj.

3. The anglo-saxon Ckronicle according ta the several original authorities, éd. wilh a translation by Thorpe, 2 vol., London. 1861. (Partie des : Rerum Britann. medii aevi scriptores). — Two of the saxon Chronides parallel (A et E), éd. by Earle. Oxford, 1865. (Introduction.) — Grubitz, Kritische Untersuchung über die angelsachs. Annalen bis zum Jahre 893. Göttingen, 1868 (Dissert.).

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ments. Dans cette continuation, ce sont les combats contre les Danois qui sont le sujet principal des notices maintenant plus détaillées et moins décousues. Cela a lieu encore, mais à un plus haut degré, dans une continuation postérieure, faite par un autre auteur et commençant à l'année 894, principalement jusqu'à Tannée 897, où la narration s'élève à des élans plus grands et présente des mouvements plus libres (1).

Dans le domaine môme de l'historiographie latine, l'Angleterre produisit, à l'époque d'/Elfred, un ouvrage considérable: c'est la Biographie d'^Elfred, souvent citée par nous, et écrite par son maître Assor, vers Tan 893 : mais elle est menée seulement jusqu'à l'année 887, bien que l'auteur ait survécu au roi, car il ne mourut qu'en 910, et il était alors évoque de Sherborne (2). Cette Vie d'^Elfred, telle que nous la possédons, ne ressemble en rien à une biographie artistique ; elle est composée sous forme d'annales. L'auteur la commence, en effet, à la naissance d'^Elfred, et, aux années dont il fait mention, il ajoute les faits et gestes, en comptant non seulement d'après l'ère chrétienne, mais aussi d'apiès la date de la naissance de son héros. Or, pour la plupart, ces fails concernent, outre le héros, l'histoire des Anglo-Saxons en général, là même où ^i^lfred n'y prend aucune part, comme pendant son enfance; et ces faits sont, en majeui'e partie^ si conformes aux données de la chronique anglo-saxonne, que les uns doivent avoir été empruntés aux autres. C'est simplement sous forme de digressions et d'épisodes que les descriptions plus détaillées et attrayantes de la vie d'^Elfred ont été encadrées dans cet ouvrage, jusqu'à la fin qui, rattachée à l'année 887 et formant le quart du volume, est entièrement consacrée à la biographie. Il n'est pas croyable que ce livre ait eu originairement cette forme. Mais quelle était-elle, véritablement? C'est ce que

1. Dans mon récit, je me rattache à Grubitz. — Cf. du reste les opinions différentes de Ten Brinks, Gesch. d. emjl. Lit., Vol. I, p. 91 sq., etWüIker, Grundriss, p. 440 sq.

2. Aniiales rerum gestarum Aelfredi magni auctore Asserio Menevensi recens. Wise, Oxford, 1722. — Voir aussi dans les Monum. histor. Brilannica. Vol. I, London, 1848, p. 467. — V., ibid., sur Asser et son ouvrage: Préface, p. 77 sq., et, notamment, Pauli, König Aelfred, p. 4 sq.

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Ton n'a pas réussi à démontrer jusquici (1). Toutefois, ces descriptions sont d'autant plus vivantes et fidèles^ qu'elles proviennent des souvenirs personnels d'Asser, ou de ceux du roi lui-même.

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