‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 188 sur 311 · Y. vol. Il, p · texte numérisé non relu

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déjà auparavant : notre auteur reprend ici cette fable, telle qu'elle était primitivement, et non point en Tétat où l'avait menée Paul Diacre. Dans ce dernier, en effet, l'ennemi du renard n'est pas le loup, mais Fours. Mais en dehors même de cela, plusieurs traits de notre poème dénotent la connaissance des fables d'Esope, et cette connaissance pouvait bien aussi être mise sur le compte des élaboraLions en prose des fables de Phèdre. Dans ces élaborations, en effets on voit que le renard est dépeint comme le rival (aemula) du loup (1), et l'astuce [fallacia] du dernier est le trait principal qui le disling^ue, tout comme dans notre poème (2). On trouve en outre^, dans le développement du récit, plusieurs traits empruntés aux traités de physiologie ; par exemple le rôle attribué à la panthère. Dans les traités physiologiques, le renard est, comme le lion, le type du Christ, voilà pourquoi nous le voyons apparaître ici comme le successeur du lion et prendre avec lui, à table, la présidence en qualité de deuxième roi (3). Ainsi en est-il du sommeil du lion, qui dure trois jours et qui correspond à l'idée typologique. Nous avons relevé, dans les remarques, quelques autres relations.

A cette particularité, qui repose sur l'amalgame d'une littérature classico-antique avec une littérature et des éléments de Tantiquité chrétienne, il faut encore ajouter la manière tout à fait personnelle avec laquelle est traité le sujet, même dans le récit intérieur. Le poème est un poème de moine, dans tout le sens du mot. Les animaux ne se présentent pas à la pensée de

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