V. la Préiace du premier livre. Ed. Barack, p
trois dernières, qu'une courte dédicace à Gerberg-e, dans le même mètre, désigne comme « vers nouveaux. » faisant suite aux précédents (1). Le livre entier ne fut édité que plus tard, après que Othon I" eût été élevé à la dignité impériale : c'est par conséquent après 962, vu que le poète désigne, dans la préface, Gerberge comme nièce impériale. Cette préface, qui fait appel à la bonté « de tous les savants, (2) » implore l'indulgence au point de vue du fond et de la forme ; au point de vue du fond, parce qu'on y trouve des sujets que plusieurs regardent comme apocryphes (3) ; au point de vue de la forme, parce qu'elle a osé, trop jeune, entreprendre son ouvrage sans aucun secours étranger, et comme en cachette et à la dérobée.
La première excuse était principalement, sinon exclusivement, à l'adresse des deux premiers récits concernant la Yie de Jésus-Christ. On peut comprendre ces récits sous la dénomination générale de « Légendes, » ainsi que nous le faisons ici, en étendant un peu la signification de ce terme. La première, intitulée Maria, débute par un prologue de seize distiques adressé à la Vierge ; nous avons ensuite, en huit cent cinquante-neuf hexamètres, l'histoire sainte à partir de la conception de Marie jusqu'à la fuite en Egypte inclusivement. Hrotsvitha base son récit sur l'ouvrage intitulé : Historia de nativitate Mariae et de infantia Salvatoris, qui forme la première partie de l'évangile du pseudo-Mathieu et qui, dans plusieurs manuscrits, est attribué à saint Jacques, frère du Sauveur (4). Ce récit apocryphe, qui revient plus tard dans les littératures nationales, apparaît pour la première fois, au
L E(i tibi versiculos, Gerberg-, fero, domna, novellos,
Jungens praescriptis carmina carminulis.
Il résulte du derniers vers qu'ils n'ont pas été édités d'une manière indépendante.
2. D'où il appert que l'ouvrage, parlant du cercle'élroit du couvent, devait se répandre dans tout le monde.