L'auteur, en commençant son travail, n'en a rien su
4. V. Evangelia apocnjpha colleg. atque recens. Tischendorf. Ed. II. Leipzig 1876. (C'est là qu'a paru, pour la première fois, la deuxième partie du pseudo-Mathieu). V. p. 54 sq., et cf. p. ix, xxii sq. et lxxxyi.
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complet et en vers, dans le poème de iïrostvitlia(l). Nous allons donc en donner ici^ dans ses grandes lignes, le contenu qui suit fidèlement son modèle.
Joachim, de la race royale de David, est déjà marié depuis vingt ans avec Anne, sans que ce mariage ait eu des rejetons. Aussi, un jour qu'il se présente au temple pour y sacrifier, est-il repoussé ; plein de confusion, il court à son troupeau (sans se rendre chez lui) et part avec lui pour un pays éloigné.Cinq mois se passent, et Anne est toujours sans nouvelles ; désespérée, elle a recours à la prière pour se consoler; et voilà que, levant ses yeux, elle aperçoit, dans les branches d'un laurier, un nid plein d'oiseaux, que couvrent de leurs ailes le père et la mère (2) : elle conjure Dieu de lui donner un enfant, afin de pouvoir éprouver le bonheur dont jouissent les animaux eux-mêmes. Elle consacrera cet enfant à son service dans le temple. Là-dessus, un ange lui annonce que Dieu a exaucé sa prière. Il apparaît ensuite à Joachim et lui fait part de la même nouvelle, en l'engageant à retourner chez lui. Sa femme le reçoit avec joie et, neuf mois après, elle met au monde un enfant. C'est Marie, qui, ainsi que le raconte Ilrostvitha en s'éloignant ici de son modèle, reçoit ce nom par une voix du ciel : en latin, ce nom signifie « Etoile de la mer^ /. Stella maris (v. 274 sq.). A l'âge de trois ans, elle se rend dans le temple et en monte seule les quinze degrés, sans se retourner vers ses parents.
Après avoir fait une peinture du caractère de la jeune Vierge qui grandit, l'auteur nous raconte ses fiançailles, à l'âge de quatorze ans, avec Joseph, déjà vieux et veuf; c'est lui, parmi les hommes non mariés de la tribu de Juda, que lui assigne le sort : tous ont une baguette à la main, et, de la baguette de Joseph, une colombe s'envole vers le ciel. Cepen-
1. Nous le trouvons par fragments déjà dans Cynewulf. V. ci-dessus, p. 45 sq.
2. Hrosvitha développe ici, d'une manière poétique, son modèle : au lieu de vidit nidum passerum, qu'elle a sous les yeux, elle écrit (v. 122 sq.) :
(cernit) In ramis lauri résonantes murmure dulci
PuUos plumigeris volucres circumdare pennis.
dant, Joseph ne veut pas se marier avec elle, mais la réserver pour épouse à un de ses fils. Vient ensuite, mais peu développé, le récit de l'annonciation; quant au chagrin qu'éprouve Joseph, relativement à la grossesse de Marie, et quant à sa consolation, Hrostvitha ne fait que renvoyer aux « livres évangéliques, )) tandis que son modèle entre ici dans beaucoup de détails (c. x sq.). La pudique religieuse se garde encore davantage de toucher à l'enquête, racontée au chapitre xn, et faite par le grand-pré Ire contre le couple, qui semble extérieurement coupable : le mariage ne devait pas, en elTet, avoir lieu avant un laps de temps déterminé (i). Bien plus, le poème passe aussitôt à la naissance du Christ (v. o43 sq.), qui a lieu dans une caverne, et il y est question, à cette occasion, des sages-femmes Zelemi et Salome, qui attestent la « naissance virginale (2). » Vient ensuite l'adoration des Mages (635 sq.) ; après quoi nous trouvons ce trait singulier^ qu'on ne rencontre que dans un manuscrit du pseudo-évangile (3), à savoir que Hérode, avant la persécution des saints innocents, fut mandé à Rome par Auguste comme suspect du crime de lèse-majesté (4), et qu'il y fut retenu deux ans (S). C'est pendant cet intervalle qu'a lieu la présentation de l'enfant au temple.
Voici enfin la fuite en Egypte (v. 696 sq. i, qui commence lorsque, à son retour, Hérode entreprend la persécution des petits enfants. Les serpents et les lions adorent TEnfant- Dieu pendant ce voyage. A son ordre, un palmier abaisse ses