‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 198 sur 311 · V., sur cet évêque, Florez, Op. c, t. XXII, p. 41 sq · texte numérisé non relu

V., sur cet évêque, Florez, Op. c, t. XXII, p. 41 sq

3. Elle avait peut-être entendu seulement raconter d'abord par la personne sur qui elle s'appuie que le kalife avait ordonné de jeter le martyr dans le fleuve, après qu'il avait déjà été mis en morceaux. II est dit, dans la Vie (§ 9) : (( Rex jussiL eum mcmhratim gladio scindi et in flumine projici » ; dans Hrosvita, par contre, on lit (v. 278 sq.) : « Rex... jussit Pelagium... Irans muros projici, jactum funda machinali... nobilis ut testis, fluvii collisus arenis, ...memhratim creperet raptim fractusque feriret. »

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de Jonquera, près de Pampelane, en 921, dans la g-uerre que Abderrahman faisait contre la Navarre et le royaume de Léon son allié. Si donc Hrotsvitha, et, avec elle, l'auteur de la Vie espagnole , s'accordent à dire que Adherrahman marcha contre la Galice, on ne saurait l'expliquer autrement qu'en disant que Hermogius et son neveu étaient de ce pays, d'ailleurs soumis au roi de Léon: voilà pourquoi ïïermogius, comme son vassal, prit part à la guerre.

Le récit qui suit nous offre un tout autre intérêt que cette légende; il a beaucoup d'importance pour l'histoire littéraire. Il a pour titre \Lapsus et conversio Theophili vicedo7nini. C'est la plus ancienne élaboration poétique de la légende du Faust du moyen-âge, légende si répandue plus tard, dans les littératures nationales ; et c'est là la plus antique des légendes contenant un pacte avec le diable (1). L'ouvrage qui forme la légende de Théophile a été écrit en grec, au vi*^ siècle, par un auteur qui se nomme lui-même Eutychianos ; il se donne comme clerc et prétend avoir grandi dans la maison de Théophile, et même avoir vu ce qu'il raconte, ou bien l'avoir entendu de la bouche de son héros. Son récit fut traduit en latin par Paul, diacre de l'église de Naples, et dédié à un roi Charles, lequel, n'est probablement autre que Charles III (2), surnommé généralement « le Gros ». En tous cas, cette traduction remonte au ix° siècle (3). Elle a servi de modèle à Hrotsvitha^ dont le poème comprend quatre cent cinqante-cinq hexamètres.

En voici le contenu : Théophile, né de parents illustres, est déjà; dès son enfance, destiné au service de l'Eglise : il est mis entre les mains d'un prêtre lettré, son parent, qui doit lui enseigner les sept arts Hbéraux (4). Après que ce pieux en-

1. V. Sommer, De Theophili cum diabolo foedere. Thèse d'agrégation à l'université de Halle, de l'année 1844.

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