‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 201 sur 311 · Par le sous-diacre romain Ursus · texte numérisé non relu

Par le sous-diacre romain Ursus

[298-299.] HKOTSvn A : basilius :j23

Au début de ce poème, qui comprend deux cent cinquanteneuf hexamètres, Hrotsvita recommande la lecture de ce récit comme exemple de la miséricorde divine, quoiqu'il soit écrit par une faible femme. En voici le contenu : Proterius, homme notable de Césarée (c^était un sénateur, d'après la Yie), n'a qu'une fille unique, qu'il destine au couvent. Cette pieuse intention met en colère le démon, qui allume, dans le cœur d'un esclave de Proterius, un amour violent pour la jeune fille. Cet esclave se sent d'autant plus malheureux qu'il n'ose pas découvrir sa passion et qu'il se reconnaît lui-même indigne d'une telle alliance. Comme Théophile, il s'adresse à un magicien et lui demande son appui; ici, comme là, ce dernier le renvoie à son maître, le prince des ténèbres éternelles. Le magicien lui donne une lettre de recommandation pour le démon; avec cette lettre, l'esclave se rend, pendant la nuit, au tombeau d'un païen et implore la protection du diable (1). Les serviteurs de ce dernier ne tardent pas à paraître, et, pleins de joie, ils conduisent l'esclave auprès de leur seigneur et maître qui, entouré de sa suite^ est assis sur un trône élevé (2). Avant tout, il exige de la part de l'esclave, et par écrit, le reniement du Christ, déclarant avec colère que les chrétiens n'ont pas par habitude de lui rester fidèles, mais que, dès qu'ils ont obtenu de lui ce qu'ils veulent, ils retournent à Jésus-Christ, en la miséricorde de qui ils ont une entière confiance. L'esclave rédige, là-dessus, le document qu'on demande. Aussitôt après, le démon envoie ses serviteurs remplir l'esprit de la jeune fille d'un amour impur pour son propre esclave. Elle ne tarde pas à demander à son père de lui permettre de l'épouser ; elle menace même, en cas de refus, de se donner la mort. Le père v consent, le désespoir dans l'âme (V. 137).

Mais le Christ, plein de compassion, s'apprête déjà a arracher sa proie à Satan. Peu de temps après son mariage, la femme apprend, en effet, que son mari n'est point un bon chrétien et qu'il n'entre pas dans le temple. Interpellé à ce

1. D'après la Vie (§ 44), il agile en même temps en l'air l'acte qu'il a écrit.

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