Ainsi le dit la Vie, Ibid
sujet, il avoue son pacte avec le démon. Le malheureux court ensuite trouver saint Basile et implore son assistance. Celui-ci est prêt à la lui accorder : pour pénitence, il enferme le pécheur repentant. Les mauvais esprits le tourmentent alors terriblement et lui reprochent de s'être livré volontairement à eux. Mais peu à peu il triomphe de cette épreuve par sa pénitence et espère en son salut. Enfin, Févèque lui-même entreprend de le conduire dans l'église ; mais, tandis que l'esclave, que l'évêque lient par la main droite, veut en franchir le seuil, le diable arrive, saisit son bras gauche et le tire avec force (v. 233 sq.). Le saint et le démon en viennent à une violente altercation (1). Satan ne renonce point aux droits que lui confère l'acte ; il les revendiquera même au jugement dernier. Mais cet espoir s'évanouit à son tour pour le diable déçu, car, à la prière de la paroisse pieuse, le ciel vient au secours du saint et l'écrit tombe d'en haut devant ses pieds. La fin du récit contient un chant de louanges en l'honneur du Christ.
Le poème suivant, composé de deux cent soixante-six hexamètres, est intitulé Passio S. Dionysii : il a un moindre intérêt, car ce n'est qu'une élaboration de la Yie composée par Hilduin et que nous avons étudiée déjà dans notre deuxième volume (p. 348 sq.). J'y renvoie le lecteur pour le contenu général du sujet ; je me contente de relever ici quelques particularités du récit de Hrotsvita, qui, du reste, a singulièrement abrégé son modèle. Avec un tact plein de justesse et où perce son sens esthétique, elle nous présente aussitôt le héros, alors qu'il était astrologue en Egypte et qu'en voyant subitement, à la mort du Christ, le soleil séclipser, il en conclut qu'un Dieu inconnu s'était manifesté au monde (2). C'est aussi Denys — ainsi que l'ajoute Hrosvila — qui, à son retour à Athènes, lui a fait élever un autel (v. 20 sq.). — L'activité de Denys comme écrivain occupe une grande place dans la Vie d'Hilduin ; mais elle ne se prêtait point à un développement poétique ; le poète, par contre, emprunte à la lettre