‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 215 sur 311 · Op. c, p · texte numérisé non relu

Op. c, p

Les drames de Hrosvita n'ont exercé, en général, aucune influence sur le théâtre du moyen âge, ni, plus particulièrement, sur les mystères, y compris les miracles, qui ont existé à peine déjà sous la forme d'offices liturgiques ; ils ont agi d'autant moins qu'ils n'ééaient certainement pas destinés euxmêmes à la représentation. Malgré cela, il y a entre les uns et les autres une grande parenté; ici comme là, nous trouvons la même négligence naïve de toute espèce d'unité de temps et de lieu; la composition tout entière est épique (1). Par contre, les pièces de Hrosvita s'élèvent bien au-dessus des Ml/stères en général dans la conduite du dialogue, grâce à Térence, son modèle, et bien plus, attendu que notre auteur n'imite nullement ce dialogue en esclave, grâce à la haute éducation littéraire qu'elle devait essentiellement à Fantiquité classique. Ils sont donc en même temps un témoignage éclatant du nouvel essor que ces études avaient pris en Allemagne. Que ces pièces soient également l'expression de la personnalité du poète, c'est ce que montrent leur comparaison respective et les récits épiques de Hrosvita, et déjà seulement par rapport à la tendance commune aux deux genres : la glorification de la chasteté et celle de la miséricorde divine (2). C'est aussi un trait de la nature féminine de l'auteur de voir que c'est précisément dans le dialogue qu'est le côlé fort de ces pièces, n va sans dire que, vu le manque de toute allure dramatique dans la composition, il ne saurait être question dV trouver des caractères individuels richement dessinés ; mais Hrosvita sait pourtant tracer, dans des lignes unies, un portrait respectable d'un caractère simple, par exemple celui d'Abraham, dans la pièce du môme nom; elle n'a pas pu réussir, par contre, à esquisser une Thaïs. En général, cependant, les discours des personnages ne sont pas en contradiction flagrante avec leur caractère, et nous ne trouvons pas.

1. Il est intéressant, sous ce rapport, de comparer le premier drame de Hrosvila avec celui qu'a composé Lorenzo de' Medici il Magnifico (par conséquent un poète aux études classiques) intitulé : «Rappresentazione di S.Giovanni e S. Paolo »; ils trailent tous deux le même sujet, et d'après la même source. Celte pièce a été souvent imprimée, depuis la fin du xv^ siècle.

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