Ce dernier point est bien visible dans u Calimachus
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chez elle, de ces caricatures comme il s'en rencontre assez souvent clans les mystères qui viendront plus tard (1).
GESTA APOLLONII. WALTHER DE SPIRE. PURGHART. UFFING. ERCHENBALD.
C'est bien également à cette période et à l'Allemagne qu'appartient, selon toute apparence, un poème (2). qui n'est qu'une élaboration, en vers hexamètres léonins, du roman latin bien connu « Apollonius de Tyr » (3).
Ce dernier est évidemment, lui aussi, une élaboration d'un
1. Quant à la valeur eiytJuHi que 'des drames de Hrosvita et à l'appréciation diverse qu'on en a faite, V. Köpke (p. 184 sq.), qui lui-même en fait trop de cas. Sa critique est malheureusement trop prolixe pour pouvoir être juste.
2. Comme l'un des chanteurs de ce récit est nommé Strabon, l'on en a conclu que Walahfrid en était l'auteur, ce qui suppose une ignorance complète de ses poèmes. Aussi Diimmler, dans la prélace de l'édition citée cidessous, ne l'attribue qu'à un élève de Walahfrid, qui aurait donné ici son maître comme chantre; à cause de cela, il fait remonter le poème à une période antérieure. Je ne saurais être de son avis. Dans re cas en effet nous aurions, dans Saxo, l'autre chanteur, un élève de Walahfrid, ou du moins un moine de son monastère; or, comment Saxo pourrait-il l'appeler frater, ou sodalis? C'est mxKjUtcr ou rt66«s qu'il devrait dire! Vraisemblablement la phrase qui exhorte à chanter (Est reticere nefas, etc.) est empruntée à un écrit de Walahfrid et, pour cela, ou bien l'auteur aurait donné le nom de Strabon au premier personnage, ou bien, si ce n'est pas li le cas, ce serait le copiste qui, ne trouvant pas de nom au premier chantre, expliqua si mal les mots Quod suadet Slraho (v.2), qui précèdent cette phrase. Cette seconde supposition est plus vraisemblable. Walahfrid Strabon n'était-il pas assez connu, en dehors du cercle de ses élèves ? Ce nom pourrait indiquer plutôt Reichenau ou Saint-Gall comme étant la patrie de l'auteur, vu surtout qu'une copie de ce poème arriva de bonne heure à Tegernsee. Ce qui montre ensuite que ce poème appartient à notre période, c'est l'hexamètre léonin qui y règne d'un bout à l'autre ; dans les périodes antérieures, on ne le trouvait que çà et là, et seulement dans de petits poèmes.
•' 3. Hhtorki Apollonn régis Tyrl recens et praefatus est Riese. Leipzig, 1871. Par rapport à son origine grecque, V. Rohde, Der griechische Roman und ^eine Vorläufer. Leipzig, 1876, p. 408 sq. ; et, par rapport à sa dilîusion, V. Hagen, Der Roman vom König Apollonius von Tyrus in seinen verschiedenen Hearheilungen. Berlin, 1878,
3o8 LITTÉRATURE LATINE [331.]
original grec. Du poème Gesta Apollonii (1) il ne nous est parvenu que sept cent qualre-vingi-douzc vers, lesquels correspondent au modèle, depuis le début, jusqu'au commencement (lu chapitre huitième, tandis que le roman complet comj rond cinquante et un chapitres. Le manuscrit s'arrête tout à coup au milieu du récit, après avoir présenté déjà quelques lacunes. Dans cette première partie du roman, l'auteur nous raconte comment Antiochus, roi d'Antioche, étant déjà veuf, s'éprend de sa propre fille qu'il veut épouser ; il la séduit et continue secrètement ce commerce criminel. Pour éloianer d'elle les amants, il leur donne une énigme avec cette condition : qui la résoudra, recevra la fille ; qui n'en trouvera pas la solution, sera décapité. On avait déjà hissé maintes tètes sur la porte du palais, lorsque Apollonius, de race royale, se présente pour demander sa main. II réussit à deviner l'énigme, qui n'était autre que l'infamie du roi lui-même ; mais Antiochus nie la justesse de cette solution et donne à Apollonius trente jours pour y réfléchir encore, dans l'intention de le perdre pendant ce temps, attendu qu'il a peur qu'il divulgue le secret. Là-dessus, Apollonius rentre dans sa patrie, chez lui, et se hâte d'abandonner bientôt ïvr avec un navire richement chargé. Antiochus envoie à ses trousses un assassin, nommé Thaliarque, qui arrive trop tard et ne peut qu'apprendre sa disparition. Le roi met ensuite à prix la tête du héros et le fait chercher sur le continent, tandis que lui-même équipe une flotte pour aller à sa poursuite. Yoilà, en bloc, le canevas de notre poème, tel qu'il nous a été conservé.
L'exposition en est assez originale. De même que, dans le chant alternatif des églogues et certainement d'après ce modèle, on voit deux personnages [2) qui se désignent comme « fratres » et dont l'un est nommé Strabo dans les titres, et l'autre Saxo, également dans le texte lui-même. Dès le début, le premier exhorte son camarade à ne pas mettre sous le bois-
1. Dans : Foctae latini aevi Carulini rec.ns. Dümmler, tom. II, p. 483 sq. — Thielmann, Ueber Sprache und Kri tili den latdnisrhen Apcdloniusromnns. Spire (Progr.) 1881.