V., à son sujet, Wattenbach, Op. r., vol. I,"p
4. Dans : Böhmer, Fontes rerum Gennanicanim , vol. III, p. 2 sq.; Cf.y ibid., p. XII sq.
[343-344.] ijFfing. ERcnENnALD :{7I
latine, mais populaire ; elle a un caractère mondain, mais se; sert avec prédilection de la forme des séquences ecclésiastiques, en les modifiant plus ou moins. Ce sont des poèmes dont le caractère est sérieux ou plaisant, et où Ton traite d'histoires, de légendes et de facéties sous la forme de la chanson populaire. Cette forme a une grande signification dans ces poèmes qui se rattachent aux séquences, ainsi que nous le montrent les rubriques, qui ne font qu'indiquer la mélodie [modus) empruntée à un autre poème bien connu, comme : modus Liebinc, inodiis Oltinc(i). Cette poésie fieurit surtout au siècle suivant^ et c'est sur elle que vient plus tard se greffer en partie la poésie des chanteurs ambulants (^y/gantes). On peut attribuer peuL-elre encore à ce siècle les poèmes suivants. D'abord celui qui a pour titre : modus Otlinc^ dans lequel les trois Othons, le premier surtout, sont célébrés (2). Il est composé d'après la mélodie d'une autre séquence consacrée au dernier ; ainsi que nous l'apprenons dès le début, c'est par cette mélodie que OthonP'" fut éveillé, une nuit où son palais était en flammes : il dut son salut à cette circonstance. C'est précisément à cette époque que les Hongrois faisaient invasion dans hî pays et y ravageaient tout ; le salut d'Othon n'en était que plus important. Le poème parle ensuite de sa grande victoire sur le Lech et célèbre surtout à cette occasion son intrépide gendre, Conrad, duc de Frauconie. Les mœurs du premier (3lhon passèrent au second en héritage. Le troisième y est célébré particulièrement comme père des pauvres. On serait presque tenté de croire que le poète lui-même a éprouvé sa bienfaisance.
1, Ainsi que le montre le début du poème désigné ci-dessus et composé d'après cette mélodie, ces modes ont reçu leur nom, sur le modèle des chansons populaires, des héros qu'on chantait et non des auteurs. C'est ainsi que s'explique l'expression modus Floruin : dans le poème pour lequel le mode était composé, on chantait les fleurs. Il en est de même du modus qui et Carelmanninc , dans une séquence ecclésiasiique, qui avait par conséquent emprunté la composition à une séquence profane, dont le héros était Carloman.
2. Dans MüUenhofTet Scherer, Denkmaler, n° xxii, p. 33 sq. (cf. remarque p. 338 sq.). Si nous voulions entrer ici dans des détails sur les particularités de la forme de ces poèmes à séquence, cela nous mènerait trop loin.
372 LITTÉRATURE LATINE [344-34o.]
Uq aulre poème à forme de séquence, intitulé : De Lautfrido et Cohhone, a aussi un caraclère sérieux ; nous y trouvons déjà, et sous une forme particulière, la légende de l'amitié, qui reçut plus tard, dans la littérature du moyen âge et surtout dans les langues populaires, de si nombreuses élaborations (1). Les deux amis, qui « étaient toujours unis comme s'ils ne faisaient qu'un et qui étaient semblables en tout, » s'appelaient ici Cobbo et Lautfrid. Ils sont d'une famille des plus illustres. Cobbo, que le service du roi a retenu longtemps au-delà de la mer, loin de sa patrie et de sa famille, veut revoir les siens. Lautfrid ne se sent pas le courage de supporter son absence; avec son épouse, il veut l'accompagner. Cobbo l'engage à rester cbez lui ; il reviendra si Dieu lui prête vie ; mais il le prie de lui confier sa femme, à titre de souvenir(2). L'ami y consent sans bésiter. Cobbo s'embarque avec elle. Mais, du rivas-e, Lautfried cliante sur la cithare et exhorte son ami à lui conserver sa fidélité el à ne pas le déshonorer ; lorsqu'il disparaît à ses yeux^ il brise son instrument contre un rocher. Mais voilà que Cobbo ne peut pas supporter la douleur de son frère, rebrousse chemin, lui rend sa femme telle qu'il l'a prise et renonce à son voyage (3).
Le poème publié sous le nom de Heriger peut servir de transition aux poèmes latins et populaires (4). Il contient une vision qui a l'air d'être une satire contre l'histoire de l'autre monde ; il a en même temps le caraclère des contes mensong-ers. Un « prophète » prétendait, devant Heriger, archevêque
Nous renvoyons donc aux rftmarques de Scherer et aux séquences latines de Bartsch (p. 145 sq.).
1) Dans Miillenhotr et Scherer, Op. c, n° xxiii, p. 35 (et cf. rem. p. 341 gq.) et JafTé, Cambridger Lieder, dans la Zeitschr. fur déniches Alterth.y N. F., vol. II, p. 470 sq.