‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 220 sur 311 · Unum memoriale · texte numérisé non relu

Unum memoriale

Frater fratri facias. v. 14 sq.

3. Ce n'éliiil qu'une épreuve de l'amitié, à en juger d'après le dernier verE-, où Cobbo dit : <( Jum non est quod experiatur ultra, ^i — Le poème est précédé d'un u Proœmium » où l'auteur distingue trois difîérentes sortes de musique : celle des instruments à cordes, celle des instruments à vent, et celle du chant.

4. Dans MuUenhoiï et Scherer, Op. c, n" xxv, p. 40 sq. (et cf. rem. p. 3i6 sq,), et JalTé, Op. c, p. 455 sq.

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de Mayenco (913-927), être descendu en enfer et être monté au ciel. Il trouva le premier couvert d'épaisses forêts : l'évêque répond, en riant, qu'il veut y mener i3aitre ses brebis. Dans le ciel, le prophète vit le Christ prenant gaiement son repas avec les saints : saint Jcan-ßaptisle faisait l'office d'échanson et saint Pierre celui de cuisinier (1). Le Christ agit sagement, réplique Heriger, en choisissant Jean comme échanson, car il ne but jamais de vin ; mais tu mens en prétendant que saint Pierre était cuisinier, vu qu'il est portier. Et loi, ajoute-t-il, où étais-tu assis? Qu'as-tu mangé? — Le prophète avoue qu'il a volé un morceau de poumon aux cuisiniers célestes. — Heriger ordonne alors qu'on fouette publiquement, pour ce vol, le prophète du mensonge. Ainsi finit ce poème, composé en vers adoniques rythmiques à strophes de six lignes.

Nous avons encore, sous forme de séquence et dans le modus Flor um, un poème mensonger proprement dit (2), une mendosa cantilena^ comme l'appelle Fauteur dès le début; il l'écrivit, dit-il, pour les garçons, afin que ces derniers pussent amuser les auditeurs par « des paroles menteuses » (modulos per mendaces)(3).La farce qu'il raconte est la suivante: Un roi ne veut donner en mariage sa fille, qui est très jolie, qu'à celui qui sera si habile à mentir que le roi lui-même soit obligé de l'appeler menteur. Un Souabe risque l'aventure sans délai et raconte une histoire de chasse (4). Il tua, dit-il, un lièvre et lui coupa la tête. En la ramassant, il vit sorlir cimt mesures de miel de son oreille gauche, et autant de pois de son oreille droite. Mais ayant coupé le lièvre, il trouva au bout de sa queue une lettre royale dans laquelle le roi lui-même déclare

1. La sixième stropiie, où est raconté ce dernier trait, a été omise clans le missel, ainsi que le montre clairement la réponse de Heriger, dans la strophe 8.

2. Dans MüUenhoff et Scherer, 0\). c, n^- xx, p. 30 sq. (et cf. rem. p. 333 sq.); et Jaiïé, Op. c, p. 471 sq.

3. « Puerulis commentatara dabo » : ce sont vraisemblablement des é'.èves d'une école d'un moLastère. Dans beaucoup d'entre elles, on voyait régner une joyeuse conversation.

4. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est de voir que le ^lus ancien conte menteur soit de cette nature.

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être le serviteur du Souabe. En entendant ce récit, le roi ne put s'i'mpècher de s'écrier : « La lettre ment et loi aussi. » C'est ainsi que le Souabe devint le gendre du roi.

Une autre facétie, sous forme de séquence et dans le modus Lirbinc ' i , peut bien être aussi de la même époque : d'ailleurs, un Souabe en esl aussi le héros. C'est la « farce de l'enfant de neige » : elle est d'autant plus intéressante que nous la retrouvons plus tard dans les littératures nationales du moyen âge 2 . surtout en allemand et dans l'ancien français : depuis le v^ siècle, elle s'introduisit même dans le genre des Xoifve/lesiS). Elle fait ici sa première apparition dans la littérature, sous la forme suivante (4) : Un marchand de Constance entreprend un voyage sur mer, laissant chez lui une femme débauchée. Des tempêtes le conduisent bien loin. Ce n'est qu'après deux ans qu'il revient chez lui. Pendant son abscence, sa femme s'est amusée avec des jeunes gens o et a mis au monde un fils. Elle a le courage de se présenter à son mari en tenant l'enfant sur ses bras. A sa demande de qui est cet enfant, elle répond astucieusement : Un jour, dans les Alpes, je me désaltérais avec de la neige : j'en devins enceinte. Le mari semble satisfait de l'explication. Mais, cinq ans plus tard, il entreprend un nouveau voyage maritime et emmène l'enfant de neige (nici>; natits). En route, il le vend cent livres et rentre riche chez lui. Il raconte à sa femme qu'une tempête les a jetés sur les bancs de sable de l'Afrique ; le soleil était si brûlant que tous ont été sérieusement atteints et que l'enfant

\. Dans MüIlenholT et Scheren, Op. c, n" xxi, p. .32 sq. (cf. rem. p. 335 sq.) — Jaiïé, Op. r., p. 472 sq.

2. V. les deux farces, en vieux allemand, dans Hngen, Gesammtahenteuc)\ Stuttgart, 1850, vol. II, p. 383 sq., et III, p. 726, et celle en vieux français dans Barbazan-M^^on, Contes et Fabliaux, t. III, p. 216.

3. Ainsi, on la trouve dans les Cent Nourellcs; wnivellcii (Nouv. 19) et dans les recueils de Nouvelles italitnnes.X. là-dessus Hagen, Op. c, p. liv. Galfridus de Vinosalvo raconte aussi cette f^icélie dans'^cinq hexamètres. Wattenbach (Zeitsrhr. f. dPutsrh.Alf'^rfh., N.F., vol. VII, p. 119} nous a communiqué aussi deux élaborations latines postérieures, dont Tune est en vers rythmiques.

4. Elle se trouve plus ou moins modifiée dans les relouches ultérieures du sujet.

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