L'attaque a donc déjà duré trois jours
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le poète, avant de passer à la description de la bataille, implore l'assistance divine. Les païens ont confiance dans le destin (fortuna) ; Tempereur Charles, dans la miséricorde de Dieu. Levant au ciel ses yeux remplis de larmes, il demande au Seigneur de ne pas permettre que ce peuple abhorré du Roi suprême soit dans la jubilation et remporte la palme de la victoire (1). Monté sur le coursier (2; qu'il gagna en plein champ de bataille, il combat à la tète de ses bataillons. Il tue Borel, le chef de l'armée ennemie, en perçant son bouclier et sa triple cuirasse, et en le renversant ainsi de son cheval. Le jeune héros Wibelinus se précipite contre un des fils de Borel, pour le percer de son glaive. Ernold rugit comme un lion au milieu des ennemis ; il envoie en enfer le meurtrier de son frère (3) ; Bertrand ne fait point de quartier à ceux qui demandent grâce (i); des trois qui se présentent à lui, il fend le premiier par le milieu du corps, ainsi que son cheval, et il frappe avec tant de force que son épée s'enfonce encore dans le sol. Bernard lui aussi accomplit des prodiges d'une hardiesse terrible.
Ici finit le fragment ; il ne m'est pas possible dV voir^ avec Gaston Paris (o), un reste de traduction ou d'imitation d*une chanson de geste, bien que quelques traits de la narration nous rappellent ces épopées ultérieures de la France ; ici, comme là^ c'est le produit du génie national qui pouvait se
\. « Ne tripudiel yens offensa superno régi » : par là, les ennemis sont désignés comme païens.
2. « Dux sublimis eqiio » : je prends ici dux comme général, chef, et je le fais rapporter à Charles.
3. Il doit avoir élé question du dernier, dans le commencement qui s'est perdu.
4. « Dextera narnque jjalaiini nnlli liostium parcere suevit », etc. Il n'est pas besoin, comme le f;iit M. Gaston Paris {Op. c, p. 85) de prendre palatinus pour une épitliète de Berlrand : il ne fait que remplacer le nom, comme s'il y avait cornes, miles, etc., car, pour le poi-te, les autres héros étaient aussi certainement des paladins (palatini).
5. Gaston Paris exposa d'abord cette manière de voir dans ï Histoire poétique (/. c.) ; Léon Gautier la combattit dans ses Epopées françaises, t. III, p. 16 (P^"" août 1868) ; mais G. Paris la défend encore dans son travail intitulé : « La chanson du pèlerinage de Charlemagne », Romajiia, 1880, p. 39 sq.