Appelés « faux » à cause de leur silence
sarcasmes et son érudition. Il veut montrer combien il leur est supérieur, malgré celte faute, et il fait parade, à cet effet, de lectures et d'une érudition peu communes à cette époque, en ce qui touche les poètes romains, notamment les satiriques.
Bien que^ dans son écrit, l'auteur procède librement, comme on le fait dans une épitre, on peut néanmoins y distinguer trois parties. Dans la première, il cherche à excuser sa faute, en citant des passages des auteurs classiques latins où se trouveraient des substitutions de cas; il en montre ensuite, dans la Yulgate, et il se demande indigné quel est celui qui oserait blâmer ou changer ces tournures, vu qu'elles se trouvent dans l'Écriture Sainte (1)? Toutefois, il avoue s'être rendu coupable d'une négligence; mais le bon Homère sommeillait aussi quelquefois. Il l'impute à l'usage de sa langue vulgaire, qui ressemble de si près au latin (2). Au reste, les mots importent peu : c'est leur signification qui fait tout ; et il le montre, en s'appùyant sur l'explication mystico-allégorique, et^ en cela, il ne renvoie pas seulement à l'explicalion de la Bible, mais à celle du livre des Mythologies (3) de Fulgence. La sagesse est au-dessus de l'éloquence.
Dans la deuxième partie, il examine le motif de ce reproche, et il ne le trouve que dans la méchanceté; engageant alors une polémique violente, il déverse sa bile, en rappelant aux moines de Saint-Gall qu'ils ont chassé depuis peu leur propre abbé, à savoir sans doute Craloh, et donné la mort à celui qui lui succéda (Anno). Le nom seul de son adversaire, cemagisler « tiré à quatre épingles et faquin », dont il raille ici l'extérieur, suffirait pour deviner ses actes. Il le nomme Achar(4) :
1. Cela est caractéristique pour cette époque. Quant aux passages tirés des classiques, ils nous témoignent bien du peu de culture grammaticale de Gunzo, malgré ses grandes lectures. Pour ce qui çst de la citation d^Homère, laquelle est empruntée à Servius, ainsi que le montre Bursian (Gesch der klass. Philologie in Deutschland, p. 43), elle prouve, par sa reproduction erronée (Achille pour Achillea) et par la manière dont elle est comprise, que Gunzo n'avait pas lu Homère et qu'il ne comprenait pas le grec.
2. Cette raison, très estimable en elle-même, serait plus compréhensible pour nous, s'il s'agissait de l'emploi d'un ablatif pour un accusatif, au lieu d'un accusatif pour l'ablatif,