Vogel (vol, II, p. 329 sq.) en donne une analyse exacte
2, V. ci-dessus, p. 408.
[382.] RATHEK. « TKANSLATIO S. METRONIS )) 411
(§ 8), à son Librr Co?i/'essio7iis, composé une dizaine d'années auparavant. Dans ce livre, il avait donné comme un catalogue complet de ses fautes, et il l'avait fait sous la forme d'un dialogue avec son confesseur. — A la fin de son écrit, Kather déplore la corruption générale, dont il n'excepte que l'empereur, sur la justice duquel il veut encore se reposer.
L'autre écrit, dont nous voulons encore parler, est intitulé : Invectiva satis in quosdam ac lugnbris relatio de Translatione S. cujitsdam Met?'onis. Le titre est caractéristique à plus d'un point d'un point de vue. Ainsi que nous l'apprenons dans l'écrit lui-même, les reliques de ce saint (1) avaient été enlevées de l'église de Saint- Vital, à Vérone. Ce larcin, Ratlier l'avoue lui-même, ne s'était pas opéré sans qu'il en fut un peu coupable ; toutefois ses prédécesseurs ne l'étaient pas moins, attendu que, depuis soixante ans, ils négligeaient de confier ce précieux trésor à la garde d'un prêtre. Mais Rather semble effectivement avoir pris part, autrement que par cette négligene, à « ce larcin louable, bien que ce soit une perte condamnable, pour parler comme le peuple », ainsi qu'il s'exprime lui-même (2). — C'est pour sa défense qu'il composa cet écrit. 11 le prend, pour cela, sur un ton dithyrambique, et, déployant toute la pompe du discours, il prend habilement l'offensive ; il en met la faute sur le compte du siècle : il n'est point aussi religieux que les siècles précédents et il ne chante plus la louange des saints en vers, pas même en prose ; ce reproche s'applique particulièrement à Vérone elle-même, « la grande ville, hautement estimée à cause de ses nombreux savants ». L'Italie, du reste, qui « marche sur les martyrs », est indifférente pour ses nombreux saints, et, malgré cela, avare et
1. Le peuple avait une grande foi dans la puissance de ce saint, bien qu'ii ne fût, pour les lettrés, qu'un quidam. (Cf. ['Avant-propos des Traducteurs, T. I).