‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 246 sur 311 · G.] GERI5EUT. VIE · texte numérisé non relu

G.] GERI5EUT. VIE

préparation à la rhétorique, afin de donner aux élèves l'occasion d'acquérir la somme de termes et d'expressions nécessaires à l'éloquence. Quant aux règles de la rhétorique, on les exerçait aussi pratiquement, une fois le cours achevé, et on le faisait sous la direction d'un maître parLiculicr, appelé Sophisla. Dans l'enseignement des mathématiques et de l'astronomie, Gerbert employait des tableaux et des instruments construits par lui-même (1), non seulement pour en faciliter l'intelligence, mais même comme moyen pratique. — Gerbert était vraisemblablement un excellent maître, qui savait inspirer le feu sacré à ses élèves^ et ceux-ci, accourant vers lui de toutes parts, rendirent son nom célèbre dans tout l'Occident.

Mais la célébrité suscita aussi des envieux à Gerbert. Nous en trouvons un, par exemple, dans la personne du saxon Otrich, maître à Fécole-cathédrale de Magdebourg, qui jouissait aussi d'une grande réputation comme professeur et dont l'éloquence était comparée à celle de Cicéron(2). Il avait envoyé à Reims un de ses élèves pour se procurer un schéma de la division de la philosophie, tel que Gerbert les employait dans son enseignement : là-dessus, il déclara son rival ignorant dans la philosophie, même devant l'empereur Othon II. Mais Gerbert se justifia et gagna précisément par ce moyen la faveur du prince. A Noël, en 980, il alla en Italie avec Adalbero, archevêque de Reims ; là, ils rencontrèrent Tempereur et sa suite, et ils l'accompagnèrent à Ravenne. Parmi les personnages de la suite impériale, se trouvait aussi Otrich. Pendant le trajet il y eut, entre les deux adversaires, une discussion solennelle sur cette question scientifique, devant l'empereur lui-même, et Gerbert, à ce qu'il semble, s'y couvrit de gloire (3). L'empereur, en effet, l'éleva à la dignité d'abbé do Bobbio : c'était un des plus riches monastères de l'Italie, et, le comté étant lié à ce monastère, Gerbert devint par là prince

1. Richer en parle en détail (/. c, c. l sq.) Il en faisait aussi autrement que pour l'enseignement: c'est ainsi que, d'après Thietmar de Merseburg, il construisit une horloge à Magdebourg.

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