‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 247 sur 311 · V., à son sujet, Biidinger, Op. c, p. 54 sq · texte numérisé non relu

V., à son sujet, Biidinger, Op. c, p. 54 sq

3. V. le rapport de cette discussion, dans Richer (/. c, c. lyji sq).

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de l'Empire pour ce pays. Mais celle haule dignité ne lui devint que trop loi un fardeau : les biens étaient en grande partie détournés du monastère, et il désespérait de rentrer en leur possession. A cela venait s'ajouter l'hostilité nationale des Italiens contre l'étranger, qui était un iidèle vassal de l'empereur. Que de fois Gerbert désira s'arracher à celte vie pleine de soucis, pour rentrer dans son cabinet de travail î Aussi, après la mort de l'empereur (décembre 983), alla-t-il à Reims, mais sans renoncer pourtant à son abbaye.

A Reims^ il déploya une grande activité politique dans l'intérêt d'Othon III, encore mineur, lequel trouva, dans l'archevêque Adalbéron, un puissant appui pour conserver la Lorraine. Gerbert était le bras droit de l'archevêque, et il fut chargé par lui des fonctions de secrétaire diplomatique. L'ambition de jouer, dans la vie publique, un rôle dont ses talents particuliers le rendaient capable, s'était réveillée de nouveau, si tant est qu'il se soit jamais désintéressé de ces choses. Aussi, fut-ce pour lui un rude coup de voir que, à la mort d' Adalbéron (janvier 989), Févêché ne lui fut pas offert à luimême et que, par des motifs politiques, Hugues Capet le donna à un carlovingien illégitime, Arnolphe. Mais la rébellion d'Arnolphe amena bientôt sa déposition, par un synode tenu à Reims, dans le monastère de Saint-Basole, et ce fut Gerbert qui prit le plus de pari à cet événement (991). Enfin, il fut élevé lui-même sur ce siège épiscopal^ qui était le plus important de France. Mais il eut à peine le temps de jouir de ce succès, car la légitimité de la déposition d'un archevêque par un synode — et par suite le choix de Gerbert — fut attaquée, non seulement par la curie, mais encore par des ecclésiastiques distingués de la France et de l'étranger. Gerbert dut se soumettre, en attendant^ à la suspension prononcée par le pape (993). Afin de se rendre favorable le résultat final, il se rendit à Rome l'année suivante. Là, il rencontra Othon III, qui lui devait des obligations pour son ancienne activité politique. L'archevêque, que distinguaient et l'universalité du savoir et l'esprit politique, fit une impression imposante sur ce jeune homme rempli d'idéal et d'autant plus avide d'une haute culture scientifique. Othon ne larda donc pas à se l'attacher

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complëlemcnl. Gerbert le suivit donc en Allemagne (997) ; il trouva à sa cour une nouvelle patrie et eut une grande influence sur l'empereur, qui se considérait comme son élève (1). Pour le dédommager de l'archevêché de Reims, il lui donna celui de Ravenne (au printemps de 998) ; bien plus, grâce à son influence, il fut élu pape, sous le nom de Sylvestre IT, en 999, après la mort de Grég-oire V. Mais il ne lui fut donné d'occuper que quatre ans cette haute dignité ecclésiastique ; il mourut en 1003, un an après la mort de son élève Othon, avec lequel du reste s'étaient évanouis ses plans hardis.

Ce qui disting-uait Gerbert comme savant, c'était d'abord l'universalité de l'intérêt scientifique : cet homme^ qui prenait plaisir à construire des instruments astronomiques, n'épargnait aucune peine ni aucun argent pour se procurer les œuvres des classiques latins (2). Ensuite, dans son esprit dominait la science des mathématiques, qui l'élevait au-dessus de ses contemporains. Elle avait (ait de lui un dialecticien et donnait à ses pensées une direction logique qui l'émancipait le plus possible des barrières de la théologie, dans lesquelles se mouvait la science. Ce qu'il avait enfin de particulier, c'était le sens pratique pour rendre la science utile à la vie et pour la faire profiter en même temps à ses intérêts. C'est bien à elle seule que cet enfant, né de parents pauvres, avait dû de parvenir, dans la vieillesse, à la plus haute dignité du christianisme. Certes, Gerbert n'était point un esprit créateur ; ce

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