Cf. ci-dessus, p. 263. (Paginât ail
2. El en général une bibliothèque. Il écrit à l'abbé Eberhard de Tours (ép. 118) : «Gui rei (eloquentia) preaeparandaebibliothecamassiduecomparo, et sicul Romae dudiim ac in aliis partibus Italiae, in Germania quoque et Belgica scriptores auctorumque exemplaria muUiludine nuinmorum redemi, adjutus benevolentia ac sludio amicorum comprovincialium, sic ideniidem apud vos fieri ac per vos iniie ut exorem. n II écrit encore au moine Reinard (ép. 78): « Nosli quanto studio librorium exemplaria undique conquiram; nosti quoi scriplores in urbibus ac in agris Ilaliae passim habeantur. Age ergo... fac ut mihi scribanliir » elc. — D'un autre, il réclame une révision de Pline (ép. llj ; à Rémi de Trêves, il demande, en retour d'une sphère qu'il lui avait fait parvenir à sa prière, V AcMlleide deStace.ép. i2\). Une autre fois, il désire : TulUana opiisnila, et de Hepublica, et in Vcrrcm (ép. 138). Outre cela, il nous fait suffisamment connaître la grande estime qu'il avait pour Gicéron (V. ép. 118 et 163); dans la première, il est question du De officiis.
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n'était point un génie ; mais il avait un grand talent. En faisant abstraction de cette différence et ayant égard à celle des temps, on pourrait l'appeler le Leibnitz du x'' siècle.
A sa physionomie particulière de savant correspond la physionomie de ses ouvrages. Nous y trouvons l'empreinte de la même universalilé. Ce sont d'abord des ouvrages de mathématiques, comme : De abaco computi, De numerorimi dimsione, une géométrie [Geometria], ouvrages qui ne rentrent pas dans le cadre de noire étude. Faisons remarquer seulement que Gerbcrt puise ici à des sources entièrement gréco-romaines et fouille principalement dans les œuvres de Boëce(d). Nous avons ensuite de lui des ouvrages tliéologiques, comme l'écrit De eorpore et sanguine Domini, dans lequel il défend la manière de voir de Paschasius Radbertus (2) et cherche à la fortifier et à l'expliquer, soit par des sentences des Pères, soit à l'aide de la dialectique. Ce qu'il y a d'original, c'est de voir comment, à l'aide de cette dernière science, il s'efforce de mettre en harmonie les opinions contradictoires des Pères. Il faut aussi remarquer que, dans cet écrit dogmatique, il ne renie point sa science des mathématiques^ mais qu'il établit une proportion arithmétique entre le Christ, la Communion et l'Eglise, et en fait ainsi saisir les rapports au moyen d'un tableau (3). Quant aux écrits et aux discours officiels de Gerbert, nous devons relever ici, à cause de l'excellence de la narration et du style, le rapport des délibérations du synode de Reims ci-dessus mentionné [Aeta concilii Remensis ad S. Basohim) (4). Cet écrit seul peut déjà nous faire voir la supériorité delà culture de Gerbert, mise en comparaison avec celle de ses contemporains.
Gerbert s'est aussi esssayé dans les lettres comme philo-
1. V., sur les ouvrages de Geri^ert : Ca-niov, M athematische Beiträge zum Ciiltiirleben der Völker. Halle, 1863. Cap. XXII. (( Gerberts Mathematik »
(p. 314 sq.).