CHÉS. FLODOARD
La politique se développa et progressa, en Occident^ surtout depuis le commencement du règne d'Othon I"" : ce progrès eut son point culminant dans le rétablissement de l'empire. Or, à mesure qu'elle progresse, nous voyons aussi l'histoire prendre son essor; cette transformation se manifeste clairement depuis la septième décade de ce siècle (3). Ici encore, l'empire allemand occupe la première place, soit par le nombre des ouvrage en général, soit par leur qualité.
1. Entre autres, par exemple, la correspondance avec le pape Grégoire V (Ép. 1-4).
2. Menlionnons enfin ici encore un extrait fait par Abbon des Gesta Ro-
manorum pontiflcum.
3. V., pourriiistoriographie de cette période, en générai: Giesebrecht, Geschichte der deutschen KaiserzeU, vol. I, p. 777 sqq. — Maurenbrecher, De historicis decimi saeculi scnptoribus, qui res ah Ottone Magno gestas memoriae tradiderunt. Bonn, 1861 (Disserl.) — Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen, vol. I, p. 308 sq.
Les annales générales, celte forme primitive de l'histoire du moyen âge, ont, il est vrai, dans cette période et surtout en Allemagne, un grand nombre d'ouvrages à nous offrir qui sont importants comme sources historiques ; mais il n'y en a qu'un très petit nombre qui ait plus ou moins un caractère littéraire. Nous passerons donc complètement sous silence celles qui, année par année, et dans un style lapidaire ne font que consigner quelques faits isolés de quelque importance générale et d'autres qui n'intéressent que l'église ou le monastère qui les produisirent; telles sont, par exemple, les annales de Cologne, si maigres, et celles, un peu plus nourries, de Trêves. Dans deux autres, celles de Reicheneau, qui vontjusqu'au commencement decette période (1) (jusqu'à939^, et dans les grandes annales de Saint-Gall (2), qui sont continuées jusqu'au milieu du siècle suivant, nous trouverons un progrès dans le récit et dans les détails qui ira croissant de jour en jour (3). Les annales de Hildesheim sont un ouvrage plus considérable, qui commence sous la forme d'une chronique universelle, pour prendre plus lard celle d'une chronique de l'empire ; elles furent commencées en 994 et ne sont presque qu'une compilation d'ouvrages tout à fait divers (4). Elles débutent avec la création du monde et donnent d'abord des dates de l'histoire des Juifs et des Perses, ensuite de celle d'Alexandre et de ses successeurs, et, après cela, de celle des empereurs romains : ces dates sont toutes empruntées en général à la Chronique de saint Isidore. Vient ensuite l'histoire des Francs, depuis Pépin l'ancien jusqu'en 8J8, empruntée aux annales de Lorsch ; mais, à partir de 818, commence la reproduction inestimable des annales , aujourd'hui perdues,
1. Dans ! Jafîé, Bibliotheca rerum Germanicanim. Vol. III. Monum. Moguntina. Berlin, 1866, p. 700 sq.
2. Édités par Henking dans les Mitthellungen zur vaterhind. Geschichte herausgeg. vom histor. Verein in Saint-Gallen. Neue Folge. 9 Heft. Saint-Gall, 1884, p. 265 sq., et cf. p. 358 sq.
3. Dans les dernières, on trouve même des notices versifiées, en hexamètres léonins pour la plupart, d'abord en 971 et en 973, ensuite en 980 et 984 ; de 1000 à 1021, ces notices en vers deviennent presque de règle.
4. Annales Hildexheimcnscs, in usum seholar. ex raonum., etc., contulit cum cod. Parisiensi Waitz. Hanovre, 1878 (Praef.).