LIUDPRAND
livre troisième, Flodoard ne nous donne presque plus que les actes des archives ; aussi ce livre est-il d'une valeur inestimable pour l'histoire de l'époque dllincmar. Dans le livre dernier, l'auteur copie — et il n'en pouvait guère être autrement — ses propres annales, en se contentant d'en retoucher le style , d'y ajouter quelques documents et quelques faits qu'il avait cru inutile d'y faire entrer autrefois (1).
Ce qu'il y a de remarquable, c'est de voir, par exemple, dès le début (c. m) deTouvrag-e, les aspirations de l'auteur qui s'efforce de démontrer et de prouver historiquement la haute signification de l'église de Reims, et même de lui donner une certaine autonomie par rapport à Rome. De même que Rome a été fondée par Romulus, ainsi Reims l'a été, soit directement, soit indirectement, par son frère; si l'église de Rome remonte à saint Pierre, celle de Reims remonte pour le moins à saint Sixte, qui fut député par saint Pierre et ordonné par lui archevêque (2). Flodoard nous communique ensuite (LU, c. XIX fin.) la vision d'un moine qui vivait au temps d'Ebon : la Sainte Yierge lui déclara elle-même que saint Rémi, pour avoir converti les Francs au christianisme, possédait le privilège inviolable [inviolabile donum) de leur donner {constitue iidi) un roi ou un empereur.