LIUDPRAND
Si Flodoard est célèbre, comme historien, en ce qu'il expose les faits tels qu'ils sont et qu'il donne des documents authen-
1. Ainsi que le fait remarquer Monocl, B.eviic critique, 1873, n« 42, p. 263. On y trouve également des communications qui le concernent lui-même et qui sont importantes pour sa biographie, par exemple, c. xiii, xx, xviii.
2. Ampère, qui relève ce fait {Op. c, p. 301 sq.), va trop loin en faisant parier ici Flodoard d'un « concours des suffragants » ; il fait rapporter à tort, dans le passage en question, les mots cum suffraganorum auxilio à ordina-
tiques à l'appui de son récit, nous trouvons encore trois historiens de la même époque qui ne le sont pas moins par la manière particulière et plus ou moins subjective de traiter l'histoire dans une forme plus libre que celle des annales. Or, dans leur personnalité — ce qui ne rehausse pas peu l'intérêt littéraire de leurs ouvrages — ils se montrent à nous comme les représentants des trois nations les plus importantes qui déterminaient à cette époque l'histoire de l'Occident : j'ai nommé Fltalien Liudprand, le Saxon Widukind et le Français Richer.
LIUDPRAND (1), ainsi que l'indique son nom, était d^origine lombarde et appartenait sans doute à une famille noble de la Haute-Italie ; son père, c'est Liudprand lui-même qui nous l'apprend, fut envoyé par le roi Hugon, en 927, en qualité d'ambassadeur à l'empereur de Byzance, Romanos, qui l'accueillit avec de grands honneurs. Liudprand, dont le lieu et l'année de naissance nous sont inconnus, était alors un tout petit enfant. Son père mourut peu de temps après son retour et le jeune orphelin eut un beau-père plein de sollicitude, dans la personne d'un homme « très digne et très sage » qui jouissait également d'un grand crédit auprès du roi, lequel l'envoya aussi à Byzance avec une mission pour l'empereur. Le jeune Liudprand n'eut donc point de peine à être reçu à la cour de Pavie, vu surtout que sa belle voix le recommandait particulièrement au roi Hugon qui aimait passionnément la musique (931). Malgré cette éducation de cour, dont Liudprand révèle l'influence, aussi bien comme homme que comme écrivain, il entra dans l'état ecclésiastique et devint diacre de l'église de Pavie. L'éducation qu'il avait reçue à la
fw?>i, tandis qu'il est manifeste qu'ils se rapportent à dclegandiim, qui vient après.
1. Lîudprdndi episcopi Cremonensis opeva omnia. In usum scholariim ex monum. Gcrman» historicis récusa. Ed. altera* Recogn. Düramler. Hanovre, 1877 (Praef.). — Köpke, De vita et scriptu Liudprandi, Berlin, 1842. — Dändliker und Müller, Lhidp^rand von Crcmona Und seine Quellen. Leipzig-, 1871 (1 Bd. von Büdingers, Untersuchungen zur mittlem Geschichte). Cf. Dümmler, Zu Liudprand vonCremona,âQ.ns ÏHistor. Zeitschr.y Vol. xxvi, p, 273 sq. — Maurenbrecher, Op. c, p. 46 sq. — WalLenbach. Deutschi, GeschichtsquelleHy Vol. I, p. 391 sq.