‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 265 sur 311 · WIDUKIND. RICHER. CHRONIQUES ITALIENNES · texte numérisé non relu

WIDUKIND. RICHER. CHRONIQUES ITALIENNES

Les infortunes qui cbassèrent Liudprand de sa patrie, et encore plus celles de son pays, — lequel ne formait point une nationalité à part, puisqu'il dépendait, aux quatre points car-

1. Faisons remarquer encore l'épisode des prophéties politiques d'Hippolyte, évêque sicilien (c. xl sq.)

2. C'est ainsi que ses anecdotes un peu graveleuses nous rappellent les Facéties, et ses poèmes satyriques, qu'il appelle parfois invectives, le genre littéraire des Humanistes, connu sous ce même nom ; cela provient de la personnalité et de la violence impitoyable de la satire, bien que les ouvrages de ce genre soient écrits en prose.

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dinaiix, de Tétrang-er, — ces infortunes, dis-je, réunies à son puissant coup d'œil politique et à la culture savante de son esprit^, l'amenèrent à concevoir l'universalité de l'histoire et à se maintenir à la hauteur de ce point de vue en qualité d'Italien; dans les ouvrages des deux autres historiens cidessus désignés, nous trouvons une tendance nationale plus ou moins bornée ; dans l'historien allemand môme, il y a une raison de plus qui s'opposait à celte intuition universelle : c'est l'intérêt de sa province et de sa race. Toutefois, ce qui donne à ces ouvrages un charme particulier et une originalité littéraire, c'est ce caractère national.

WIDUKIND (i), dont la vie nous est très peu connue, était Saxon, et religieux de Corvey. Il entra au monastère alors que Folcmar en était abbé (917-942), et, selon toute apparence, pendant les dix dernières années du gouvernement de cet abbé. Avant de composer son ouvrage historique, il écrivit, en vers, la Passion de sainte Thècle, et la Vie de saint Paul ermite, en prose et en vers (2). Ses trois livres : Beritm gestarwn Saxonicarum, qu'il avait à peine commencés en 965, furent terminés apparemment en 967(3); toutefois, plus lard — mais non avant 973 — il y ajouta une courte continuation. Il entretenait des relations (4) étroites avec la cour d'Othonl",

1. Widukindi verum gestarum Saxonicarum, Whv'i III. Éd. 3, denuo recognovit Waitz. Hanovre 1882. (Scriptor. rer. Germanie, in usum scholar. [Praef]. — Köpke, Widukind von Korvei. Berlin 1867, {Ottonische Studien^ vol. ï). — Raase, Widukind von Korvei. Rostock, 1880, (Disserl). — Maurenbrecher, Op. c.,p.32 sq. — WaLtenbach, Geschichtsqu., vol. I, p. 308 sq.

2. Sigebert, De Scriptor. eccles., cap. cxX]X. — Widukind lui-même fait allusion à cette production hagiographique (1. I c. i). Elle ne nous a pas été conservée.

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