L. IV, c. L
5. Le passage suivant, vers la fin du chapitre que nous venons de citer,
[435-436.] RTCTfKR : histoire de fhance /,09
la culture universelle scientifique qu'il devait aux lerons de Gerbert. La source unique de sa biographie, c'est son ouvrage, et il ne contient pas d'autres données sur sa vie.
Ainsi que nous l'apprenons de la préface de l'ouvrage, c'est Gerbert lui-même, alors archevêque de Reims (1), qui engagea Richer à composer son Histoire de France, et à la faire commencer là où finissent les « très riches » Annales d'Flincmar. Son intention (2) est de voir livrés par écrit à la postérité les guerres faites par les « Gaulois » après llincmar, leurs troubles [tumulti(s) multiples et diverses négociations politiques el ecclésiastiques (3). Il veut être bref et croit avoir satisfait le lecteur s'il raconte tout avec clarté, concision et persuasion. Pour les temps antérieurs à lui, c'est Flodoard qui lui servira de source.
Bien que l'ouvrage d'Hincmar se termine avec l'année 882, Richer, après une introduction sur la division de la Gaule (dans laquelle il suit César) et le caractère des Gaulois, fait débuter son histoire, ainsi qu'il l'avance lui-même (4), avec Charles le Simple; mais, à vrai dire, c^est à l'éleclion au trône d'Odon de Paris, en 888, qu'elle commence. Il ne considère en effet le règne d'Othon que comme intérimaire, et rendu nécessaire, vu la m.inorité de Charles, par les vexations que les Normands faisaient subir au pays (5). C'est donc dès le début que l'auteur nous fait connaître ses opinions politiques, tout à fait en faveur de la légitimité carlovingienne. Richer ne dit
parle en faveur du but pratique de ses études médicales : a In quibus (aphorisinis) cum lantum prognosiica morborum accepissem, et simplex egriludinum cognitio cupienti non sufficeret... »
1. Ce qui le prouve, c'est ce passage du prologue : « Imperii tui, pater sanctissime Gerberte, auctorUas. » C'est ainsi que l'ouvrage a été commencé après 991 et terminé probablement en 995 ; toutefois, il a été revu dans les années suivantes. La manière de dater de Pertz (v. Pnœf., p. 6, n°4) repose, à mon avis, sur une base trop peu solide.
2. 11 veut se borner à l'histoire de France, comme le montre la phrase suivante : « Si qua vero aliorum eflerantur, ob incidentes rationes, quae vitari non potuerunt, id evenisse puletur. »
3. <( Diversas negotiorum rationes. » Son ouvrage montre suffisamment que Richer n'entendait pas seulement par nef/oiia les négociations pohliques, mais encore celles qui concernaient l'Eglise.
4. Fin du c. m « ...Usque ad Karolum, a quo historiae sumemus mitium. »