‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 279 sur 311 · V., à ce sujet, Ekkehart {toc. c), et, ci-après, p · texte numérisé non relu

V., à ce sujet, Ekkehart {toc. c), et, ci-après, p

496 LITTÉRATURE LÂTLNE [460-461.]

dWdalbéron, évoque d'Aug-sbourg-, homme d'un esprit très cultivé, notamment dans la musique, et qui, à cette époque, sous le règne de Louis l'Enfant, était à la tète du gouvernement. Le jeune Ulrich devint administrateur de ses revenus et son grand écuyer de bouche « praecoquus ». C'est à cette époque qu'il entreprit son premier voyage à Rome ; il y apprit, de la bouche du pape lui-même, la mort de son évèque. Ne voulant pas se consacrer au service de Hiltinc, successeur d'Adalbéron, il se retira auprès de sa mère, qui, sur ces entrefaites, était devenue veuve. Mais, quinze ans plus tard, à la mort de Hiltinc, en 924, Ulrich, soutenu par ses parents, notamment par Burchard, duc d'iYlemanie, et par le roi Henri^ devint évèque d'Augsbourg.

Avant tout, Ulrich avait à remettre en état la ville qui, de puis la dernière incursion des Hongrois, était toujours dans un état de dévastation; il entreprit même de Tentourer de murailles. Quant à ses devoirs d'évêque, il les remplit avec un zèle à toute épreuve : il visita les églises et les monastères de son diocèse (1), tint chapitre avec le clergé, dont il surveilla étroitement la moralité (2), et trouva parfois, comme prédicateur, des accents d'une éloquence saisissante ; il aimait surtout à s'étendre sur les sept vices capitaux et sur leurs rejetons (proies) (3), et il s'entendait à merveille à peindre les châtiments de l'enfer et la félicité du ciel (c. ix) (4). Lui-même, il vivait dans une abstinence ascétique ; mais il voyait avec plaisir les autres prendre plaisir aux joies de la table, surtout

1. Dans ses visites, il voyageait sur un char attelé de bœufs et avec grand accompagnement de clercs, de vassaux et de pauvres qui, en chemin, se joi* gnaient au cortège. (C. v.)

2. Il les soumit à un examen et demanda entre autres choses : «Sisubintroductas rauheres secum habuissent et inde crimen suspicionis indicerent; si cum canibus vel accipitribus venationes sequerentur; si tabernas causa edendi vel bibendi ingrederenlur, etc.,» (G. vi.)

3. C'est ainsi que le rejeton de la tristesse se nomme rancor, pusillanimltas, amaritudo, desperatio\ celui de la paresse ou « acedia » : Otiositas somnolcntia, importunitas, inqiiietudo, pervagatio, Instahilitas mentis et corporis, verhositas et curiositas. Ces deux vices, un peu difficiles à comprendre ici, sont donc bien expliqués par leurs rejetons.

4. Il y parlait aussi de la Jérusalen[i céleste ; et, à cette occasion, il donne la signification symbohque des pierres précieuses qui la décorent.

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à la fête de Pâques (1), que Tauleur nous décril ici avec de nombreux détails (c. iv). II était le père des pauvres. Quant k ses devoirs envers le roi, il les remplit avec une grande fidélité, soit envers Henri, soit envers Othon, et cela à une époque où nombre de prélats s'insurgeaient contre lui. A la révolte de iKidolpbe contre son père, Ulrich amena lui-même à ce dernier, lorsqu'il parut en Bavière (953), les levées faites par ses vassaux, bien que Ludolphe fut duc d'Alemanie. Ce fut aussi avec courage et avec succès qu'il résista aux ennemis, alors qu'Othon dut se retirer de Bavière, ainsi que le raconte l'auteur en détail (c, x). Ce fut lui également qui, de concert avec l'évêque de Goire, empêcha, en 934, la bataille sur l'Illcr entre le père et le fils, et prépara la soumission de ce dernier. L'année suivante, Ulrich joua encore un rôle historique bien plus important, en défendant avec un courage à toute épreuve et une sage prudence, la ville d'Augsbourg contre les Hongrois, jusqu'à ce que l'approche de l'armée d'Othon les forçât à lever le siège. L'auteur nous dépeint, avec d'intéressants détails, soit ce siège, soit la poursuite de l'ennemi, taillé en pièces à la bataille du Lechfeld (c. xii).

Ulrich eut ensuite beaucoup à faire pour guérir les maux de la guerre, entretenir le clergé appauvri, rétablir les édifices détruits, et surtout l'église de Sainte-Afra, située en dehors des murs de la ville et brûlée par les païens. La sainte lui apparut en songe, pour lui donner ses instructions (c. xni). L'auteur nous rapporte encore d'autres visions de l'évêque et même une vision d'un de ses clercs (2). Si, sous ce rapport, Ulrich payait le tribut à son époque, il ne le fit pas moins en se livrant à sa passion pour recueillir des reliques. C'est ainsi qu'il en apporta d'un deuxième voyage de Rome, pendant lequel il visita Saint-Gall ; il en apporta également de Saint-

1. A table, il n'y manquait point non plus de musique : « Tempore slatuto symphoniaci venerunt, quorum tam copiosa multitudo fuit, ut pêne intercaperlinem aulse secundum ordinem slando implevissent, et très modos symphonizaado perfecerunt. »

"2. V. c. 1 càiii, et xxxvii. Il eut la dernière vision, peu de temps avant sa mort; à cette époque aussi, sa lecture favorite était le dernier livre des Dialogues de saint Grégoire (v. c. xxvi). Cf., ci-dessus, vol. 11, p. 150.

Maurice et de Reichenau, et ordonna que Ton vînt solennelJement d'Augsbourg au-devant de lui pour les escorter (c. XIV sq.). Après avoir parlé ensuite des g-uérisons obtenues par la bénédiction du saint, l'auteur nous raconte encore ses dernières années; son troisième voyage à Rome et ses efforts pour assurer sa succession sur le siège épiscopal à son neveu Adalbéron, qui, depuis longtemps, l'aidait dans ses fonctions; à cet effet il ordonna à ses sujets de lui rendre hommage. Mais, en cela, il se mit en conflit avec les lois canoniques et fut cité, pour ce fait, devant le synode de Ingelheim (972) ; notre auteur y prit lui-même la défense d'Ulrich, dont la voix était trop faible pour se défendre lui-même (c. xxm). L'affaire fut arrangée; Ulrich regretta plus tard son procédé (1), qui resta sans succès, attendu qu'Adalbéron mourut avant lui. L'auteur nous raconte sa fin, avec de grands détails (c. xxvi sq.); il le pouvait d'autant mieux qu'il avait servi lui-même de soutien et de consolation à ce vieillard que Tage seul avait affaibli. Il mourut le 4- juillet 973. Le dernier chapitre de cette Vie est consacré à une courte biographie de son successeur Henri, qui avait reçu Févêché d'Augsbourg par l'influence toute-puissante de son parent, Burchard, duc d'Alémanie. Il prit part à la révolte d'Henri de Carinthie et de Henri, duc dépossédé de Bavière, contre Othon II; mais, plus tard, il répara son infidélité en prenant part à l'expédition de l'empereur en Italie et à la bataille malheureuse en Calabre (982), d'où il ne revint pas (2).

Cette Vie nous offre encore, comme supplément, un recueil des miracles que le saint opéra bientôt après sa mort, à son tombeau (3). Ce supplément n'est point rattaché à la Vie pour la forme; mais ce n'est pas non plus un ouvrage à part et indépendant, car, s'il a un épilogue, il n'a point de prologue. On peut y voir avec quelle rapidité se répandait le culte du saint.

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