V. c. XXVI
2. L'auteur dit seulement : « Sive captivus, sive occisus, etiam ibi remansit. »
3. Ce qu'il y a d'original, c'est qu'il devint d'usage que ceux qui venaient chercher la guérison à son tombeau offrissent un bâton, en s;)rte que, peu à peu, il y en eut un si grand nombre, qu'on fut obligé de les brûler.
[463-464.] VIE DE IDA \.\)f)
L'ouvrag-e de Gerhard eut encore une suite des plus importantes. Ludolphe, un des successeurs d'Ulrich, le présenta au pape, à Rome, et il servit de hase à la canonisation solennelle d'Ulrich, en 993. Au commencement du siècle suivant, il fut remanié et remis à neuf, afm de lui procurer une plus grande difTusion en l'abrégeant un peu et en lui donnant un style plus élégant (1). Et, en effet, le récit de Gerhard est prolixe; mais c'est précisément ce qui le rend important pour la postérité,, vu surtout qu'il ne manque pas de nous présenter les faits avec de vives couleurs : son style est souvent incorrect et mêlé de germanismes; mais, par contre, il est naturel et concluant.
Parmi les Yies de saints moins importantes, nous en trouvons à cette époque, en Allemagne, deux de femmes pieuses, qui méritent d'être mentionnées ici : ce sont les Vies de Ida et de Wihorada. La première (2) fut composée, au commencement de la neuvième décade, par un homme que nous connaissons déjà, Uffing (3), et, la seconde, par Hartman, religieux de Saint-Gall, vers la fin du siècle.
Ida appartient à la catégorie des saintes assez peu nombreuses qui étaient mariées. Elle était fille d'un comte de la France de l'ouest. Charlemagne fit une expédition en Gaule pour y apaiser une révolution qui y avait éclaté; parmi les grands de Test qui le suivirent, — c'est la Vie qui nous le dit dès le début — se trouvait « un certain préfet », Egbert : il tomba malade et fut mis entre les mains du père d'Ida pour se rétablir. Ida, elle-même, sa fille unique, qui avait une grande beauté, se chargea de soigner le malade. De cette manière prirent naissance des relations qui, après le rétablissement d'Egbert^ aboutirent au mariage. Non seulement l'empereur donna son approbation à ce mariage, mais il octroya même beaucoup de propriétés à Egbert, afin de mieux le recommander à son beau-père; il fit plus, il Téleva à la dignité de comte des
1. Elle fut revue, en effet, pour la deuxième fois, par Bernon, abbé de Reichenau, tandis que la première revision n'était point achevée.
2. Editée par R. Wilmans dans son ouvrage : Bie Katscrurkunden der Provinz Westphalen. Vol. I, p. 470 sq.