Acta SS. Mali, Tom. I, p. 445 sq
60 LITTÉRATURE ANGLO-SAXONNE [5o-S6.]
pas et jusqu'à la fin, dans les événements principaux de son récit, en sorte que l'écrit latin peut être effectivement mis à profit pour expliquer le poème anglo-saxon. Cynewulf procède donc ici, en général, comme il a fait pour la composition de Julienne ; mais ici son modèle lui offrait Toccasion de faire des peintures détaillées d'expéditions militaires sur terre et sur mer, telles que les aime la poésie épique nationale des Anglo-Saxons : ce sont les parties les plus originales et les plus attrayantes au point de vue poétique.
Le poète débute par l'^xpéditon dans laquelle Constantin se convertit. Tout comme dans le modèle latin, mais contrairement au fond de Fliistoire, cette expédition est dirigée contre une armée étrang-ère qui passe le Danube. Or, tandis que cette armée est tout simplement désignée comme un peuple de barbares, dans l'écrit latin, Cynewulf en fait une armée de Huns et de Germains, et principalement de Goths et de Francs. C'est le roi des Huns qui la commande, et le poète a apparemment pensé ici à Attila. Il se sert des plus vives couleurs de sa palette pour peindre leur marche : les lances et les cuirasses étincellent : le cri de bataille est accompagné par le bruit des boucliers qui résonnent ; le loup chante le chant de guerre, et l'aigle, aux plumes humides de rosée, suit les traces des soldats (11. La marche des Romains est retracée avec la même vigueur : le bruit des coursiers et des armes, le son des cors et des hérauts, le chant des corbeaux, rienn'v manque. Les deux armées sont réunies près du Danube. L'empereur craint la grande supériorité numérique des ennemis. Mais voilà qu'un ange lui apparaît pondant son sommeil cl lui montre la croix, dont le signe doit lui procurer la victoire. Aussitôt, il fait faire une croix et la fait porter, comme un étendard, devant son armée. Vient ensuite la bataille, que le poète dépeint avec âme (v. 109 sq. , la bataille avec sa pluie de flèches et ses couleuvrines lancées au-dessus du bord des boucliers. Les païens, qui composent Tarmée des Huns, tombent ou prennent la fuite. Mais Constantin, sachant