‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 281 sur 311 · V., ci-dessus, p. 342 (paginât, allem · texte numérisé non relu

V., ci-dessus, p. 342 (paginât, allem

Saxons entre le Weser et le Rhin. En se rendant dans ses propriétés, le jeune couple arrive à Hirutfeld (aujourd'hui Herzfeld) sur la Lippe. Là^ sur le territoire de son mari, Ida, à la suite d'un rêve dans lequel un ange lui apparaît, fonde un oratoire avec un lieu de sépulture, près de l'église, pour elle et pour son mari. Ce pieux mariage ne fît qu'alimenter la vertu des deux époux (1). Mais, après la mort d'Egbert, Ida mena une vie toute ascétique, donnant ses revenus aux pauvres. Telle est son histoire bien simple, mais qui pourtant ne manque pas d'un certain charme romantique.

Uffing nous la raconte dans les premiers chapitres du livre premier^ où il nous fait encore part de quelques guérisons miraculeuses d'ancienne date, qui auraient eu lieu au tombeau de la sainte; dans un second Wwe, il nous raconte celles qui eurent lieu à une date plus récente, depuis que l'église était passée de la possession des Ludolphes à celle de l'abbaye de Werden, vers la fin du ix° siècle. Ces miracles, en agrandissant la réputation de la sainte, donnèrent lieu, ainsi que nous le dit l'auteur, à sa translation dans l'église elle-même, en 980, par le ministère de Dado, évêque de Munster^ et cette translation fit à son tour concevoir à Fauteur l'idée d'écrire la Vie (2).

La biographie de Wiborada (3), femme qui souffrit le martyre en 926, offre une bien plus grande richesse. Il est vrai de dire aussi que l'auteur vécut à une époque bien plus rapprochée de celle de son héroïne, et qu'il pouvait encore mettre à

1. Cest là une reconnaissance rare de la valeur du mariage, rare dans la vie des Saints. Il est dit ici: « Si enim ut apostolicus sermo sonat, sanctificatur vir infidelis in mulieri fideli : quanto magis vasa paria sanctitatis alterutris emicant sufîulta virtutum instructionibus ? Quid super hoc convenientius profertur, quam duobus in carne una, unam inesse spirilus sancti indiscussam operationem, quae illos deforis connubiali jure connexos, ardentiori coeleslium inflamraavit amore. » L. I, c. iv, fin.

2. Ainsi que aliqua gesta de beatae Idae sanctimonia que l'évêque récita succintement (swccü'jzef^?) à cette occasion (1. II, c. vu) et qui fournirent du moins une partie de la matière. — Dans la translation de Pusinne, Translatio Pusinnae, (fin du neuvième siècle), Ida est donnée comme la mère de Warin, premier abbé de Corvey. Wlimans se déclare contre la justesse de cette opinion {Op, c, p. 293 sq.), que soutient Weitz, König Heinrich I, p. 189.

3. Mabillon, Acta SS. S. Bened., Saec. v, éd. 1. I, p. 43 sq.

[465-466.] VIR DE WTBORADA :\{) {

profit des communications de contemporains du frère de Wiborada(l). Elle aussi descendait d'une famille noble; la Souabe était sa patrie. L'auteur explique son nom par consi- Ihim miilierum, et elle en confirma, dit-il^ l'étymoloyio par l'action : elle se conseilla d'abord bien elle-même en imitant Marthe et Marie ; elle s'éleva par les efforts de sa vie active au sommet de la vie contemplative et devint ainsi un modèle, non seulement pour les femmes, mais encore pour les hommes. Dès ses plus tendres années, elle montra des pensées sérieuses (2). Chaque jour elle allait à l'église qui était assez éloignée; mais elle s'occupait aussi sérieusement de travaux manuels. Par exemple, elle travaillait pour son frère Ililto, qui était alors à l'école du monastère de Saint-Gall; elle faisait aussi de la belle toile de lin qu'elle donnait aux moines pour recouvrir l'Écriture-Sainle (c. v). Lorsque Ilitto fut devenu prêtre, elle lui offrit aussi son concours et apprit de lui les psaumes; en même temps, elle était infatigable dans le soin des pauvres et des malades. Ayant entrepris, avec son frère, le voyage de Rome, elle lui conseilla d'entrer au monastère de Saint-Gall. Elle se consacra elle-même de plus en plus à la vie ascétique. Pendant quatre ans, elle vécut en ermite sur une montagne voisine du monastère; après cela, elle se laissa enfermer dans une cellule que l'évêque de Constance, Salomon II, avait fait bâtir exprès pour elle près de l'église de Saint-Magnus, à Saint-Gall (c. xv). Elle y jouit d'une grande réputation : c'est ainsi qu'elle détermina le jeune Ulrich de Dillingen, comme nous l'avons vu ci-dessus (3), à embrasser plutôt la vie ecclésiastique séculière que la vie du monastère (c. xvii); c'est ainsi encore qu'elle prit les intérêts du monastère auprès du duc Burchart, qui le pillait (c. xxn). Elle avait fréquemment des visions. C'est en s'appuyant sur l'une d'elles qu'elle prédit, une année à l'avance, l'invasion des

2. Ce qui est intéressant, c'est de trouver ici le passe-temps dos enfants de cette époque : « Inepta etiam parvulorum ludicra devilans, nui,Mces joculatorum scurrilitates despiciens, aniles veteranorum fabulas deteslans, ad incesta quaeque carmina pudicas aures obturavit. » C. i

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