xMigne, Fatrologie latine, l. CXXXVII, p. 218 sq
(830), jusqu'à x\lbéron P^, sous lequel eut lieu la troisième (c. XXIX sq.).
Mentionnons encore ici une translation qui nous offre un nouvel exemple d'un pieux larcin de reliques, je veux dire la translation de saint Epiphane, Translatio Epiphanii [\). Parmi les ecclésiastiques du haut clergé allemand qui accompagnèrent Otlion I" dans son expédition en Italie, en 964, se trouvait aussi OUvin, évèque de Hildesheim. Il profita de cette occasion pour recueillir, dans ce pays, ce qui pouvait être utile à son église, par exemple — et cela est digne d'éloges — un nombre extraordinaire de livres, non seulement théologiques, mais même philosophiques et, à ce qu'*il parait, appartenant à l'antiquité (2), en sorte que les études prirent un nouvel essor à Hildesheim. Mais ce qu'il tenait à recueillir surtout, c'étaient des reliques, que les évoques lui accordèrent facilement à sa demande ; toutefois, il fut très prudent et prit bien garde à ne pas se laisser tromper par ces rusés d'Italiens. Il ne recula même pas devant un larcin pour se mettre en possession de quelques-unes, par exemple de celles de saint Epiphane , patron de Pavie. Bien qu'il n'ait pas mis lui-même ce larcin à exécution, le vol n'en fut pas moins commis, avec son assentiment, par un de ses prêtres, Thangward^ lorsqu'ils furent arrivés de Rome dans la capitale de la Lombardie, mêlés au cortège d'Othon, après son élévation à la dignité impériale. Ce prêtre procéda comme un vrai vandale : il détruisit le monument funèbre, véritable objet d'art, pour atteindre son but coupable ! (c. v). L'objet volé fut d'abord transporté secrètement à Reicheneau, d'où eut lieu, en 965 (c. vni), sa translation à Hildesheim.
Cet écrit a été composé par un ecclésiastique anonyme de Hildelsheim, d'après les communications de Thangward luimême, après la mort d'Otwin, et^ par conséquent, après 934.
1. Dans : Monum. German. histor. Scriptores, t. IV, p. 248 sq.
2. Ce passage est assez remarquable : « Librorum nlchilominus tam divinae lecLionis quam philosophicae fictionis tantam convexiL copiara, ut qui illorum penuria inerti ante torpebant otio, fréquent! nunc studii caleant negotio. » (C. ii.) Le mot fictionis indique, à mon avis, qu'il s'agit de philosophes de rantiquité.
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