‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 291 sur 311 · Cf. Diimmler, Otto der Grosse^ p · texte numérisé non relu

Cf. Diimmler, Otto der Grosse^ p

2. C. 10. Un songe même, dans lequel il vit un lion étranglé par une chaîne de fer, lui annonça la mort d'Othon I®''. Ibid,

là, la prose se transforme en hexamètres — qui cependant ne sont pas généralement rimes — (1), ou bien elle devient de la prose rimée. Ce dernier cas se rencontre déjà dans l'épitre adressée à Odilon(2).

Une Vie remarquable, qui appartient encore à notre période est sûrement l'œuvre d'un Italien, et même d'un Romain : c'est la biographie d'Adalbert de Bohême, apôtre de la Prusse. Elle fut écrite par un moine du monastère de Saint-Alexis et de Saint-Boniface de Rome, à la prière d'Othon III, ami intime du Saint, et encore du vivant de l'empereur, vers l'an 1000. Selon toute probabilité, l'auteur était Johannes Canaparius (3), qui succéda à l'abbé Leo dans le gouvernement du monastère et qui mourut en l'an 1004.

Le Saint était fils d'un des hommes les plus illustres et les puissants de la Bohême, pays habité encore en majeure partie par des païens, tandis que les chrétiens qui s'y trouvaient n'avaient de chrétien que le nom. ku baptême, il reçut le nom national de Woitech (c'est-à-dire consolation de l'armée). Il fut dangereusement malade, pendant son enfance; ses parents, pour le sauver, le consacrèrent au service de l'Église. Après avoir reçu, dans sa famille, les premiers éléments de l'enseignement par un prêtre, Radia (4), son père l'envoya chez Adalbert, évêquede Magdebourg, dont l'école épiscopale était dirigée par Ottrich, maître célèbre. Elle se distinguait

1. Vu que cet auteur aime la prose rimée ; c'est là un éclatant témoignage qui nous montre que les hexamètres léonins n'étaient point encore de mode en dehors de l'Allemagne.

2. Par exemple : « Recte vero disputare non praevalet de virtutibus, quisquis hic fuerit vacuus, quoniam mens, cui caret intelligentia, id discere nequit scientia. Haec idcirco aggredi cunctabar, quibus me nulla virlute dignabar » etc., etc.

3. Dans : Monum. German. histor.. Scriptores, T. IV, p. 574, sq. (Praef.) — Lohmeyer, St. Aldalhert, Bischof von Prag. Tirage à part de la Revue : Zeitschrift für preuss. Geschichte und Landeskunde. 1872. — Wattenbach, Deutsche Geschichtsquellen. Vol. I, p. 330 sq. et 402.

4. Ainsi que nous l'apprenons d'une autre Vie d'Adalbert, composée postérieurement (vers l'an 1004) et basée sur celle de Canaparius ; cette Vie fut écrite par un ancien élève de l'école épiscopale de Magdebourg, Brun, qu^ mourut aussi en Prusse (1009), en qualité d'évêque-missionnaire. V. la Vie qi]'il coiriposa, dans les Monum. German. ,1 c, p. 596 sq. (V., sur lui-même, la préface, p. 577 sq.), et cf. ici, c. xv.

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alors entre toutes par un grand nombre d'élèves, comme aussi par une foule de livres (c. m). L'archevêque accuoillit le jeune homme avec une grande affabilité et, en lui administrant la confirmation, il lui donna son propre nom. Les parents n'épargnèrent aucun sacrifice pour qu'Adalbert fît des études sérieuses : son maître reçut pour cela de For et de Targent, ainsi que les plus beaux présents. L'élève, plein de talent, s'appropria facilement la science profane, qu'il posséda plus tard à un haut degré.

Après une série d'années, l'appel d'Ottrich à la cour impériale et la mort de l'archevêque (981), Adalbert retourna dans sa patrie, où il reçut enfin la prêtrise. Bientôt mourut l'évêque de Prague. Sa mort, à l'approche de laquelle il éleva les accusations les plus violentes contre lui-même et contre son peuple, croyant voir l'enfer ouvert devant lui, fît sur Adalbert une impression profonde (c. xi). Cette impression l'abattit d'autant plus que, malgré sa jeunesse, il se voyait appelé à lui succéder, ayant été élu par le prince et par le peuple (982). Il est bien probable qu'il s'opéra en lui un changement intérieur (l)j car, à partir de cette époque, il s'adonna de plus en plus à la vie ascétique. Après avoir reçu, à Vérone, l'investiture impériale et la consécration épiscopaie de l'archevêque de Mayence (983), Adalbert se dévoua à ses fonctions avec le plus grand zèle et se distingua notamment par des œuvres de charité. Mais, malgré son amabilité chrétienne et malgré ses prédications, les Tchèques, ce peuple grossier, n'en persistèrent pas moins dans leur immoralité, adonnés qu'ils étaient à une sensualité effrénée. L'insuccès de son ministère détermina Adalbert à abandonner sonévêché. Trois abus surtout, qu'il combattit en vain, l'engagèrent à prendre cette résolution : la polygamie, le mariage des prêtres, el la vente des prisonniers chrétiens aux Juifs (c. xu). D'abord il se rendit à Rome, pour demander conseil au pape. Le Souverain Pontife approuva sa résolution et lui conseilla de se consacrer à la vie contemplative. Adalbert avait l'intention do visiter le tombeau du Sauveur, afin de « mener une vie pauvre sous un

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