‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 293 sur 311 · Bruno seul mentionne ces deux derniers lieux (c. xix · texte numérisé non relu

Bruno seul mentionne ces deux derniers lieux (c. xix

Alors enfin, il put se consacrer à la vie des missionnaires, qu'il anibitionnait si ardemment. Après y avoir réfléchi, il se décida (c. xxvii) à aller en Prusse, et le duc de Pologne seconda son entreprise, par un navire charg"é de guerriers. C'est ainsi qu'Adalbert, accompagné de son frère Gaudentius et d'un prêtre, aborda à Danzig, qui était situé immédiatement à la frontière de l'empire de Boleslas ; là, il donna le baptême à une foule de personnes. De Danzig, le bateau le conduisit, en peu de jours, dans le pays de Prusse, où il les déposa, lui et ses deux compagnons. Il y fut, dès le début, accueilli avec des sentiments hostiles, et ayant reconnu, après quelques jours, que sa mission n'y porterait aucun fruit, il rebroussa chemin ; mais, en route, il fut attaqué et mis à mort (997). Cette entreprise, commencée d'une manière imprudente, ainsi que le reconnaissait Adalbert lui-même (1), est racontée en détail par notre auteur, comme aussi dans deux autres écrits contemporains, qui forment un supplément au sien (2).

Canaparius pouvait puiser à de bonnes sources et, en partie même, dans les communications orales de son héros, avec lequel il était lié d'une étroite amitié ; son récit est écrit dans un latin bon pour cette époque, et qui montre l'homme formé par les classiques : la style exempt de pathos et d'exagération, plein de chaleur par l'étroite sympathie qu'il avait pour le Saint, donne en général à sa relation un cachet de vérité.

Mentionnons enfin un ouvrage italien, bien inférieur au précédent, au point de vue historique et sous le rapport du

1 V. Bruno (c. 26.) Il reconnut que son habit ecclésiastique, et. en général, son apparition étrange devaient eiïrayer les païens : « Similes eorum effecti, familiarius eo habitamus, alloquimur et convivimus ; laborando quoque manibus propriis, victum quaerenius ad instar apostolorum », etc. Il croyait avoir, de cette manière, plus de succès chez les Liutices, chez qui il voulait se rendre. — Ce qui nuisit particulièrement à Adalbert auprès des Prussiens, c'étaient et son ignorance de leur langue et son amitié avecles Polonais, leurs ennemis.

2. Outre la vie écrite par Bruno, il y a encore une courte Passion de St. Adalpert, composée vers l'an 1000 et probablement par un Slave. V. cette passion dans : Scriptores verum Prussicarum (vol. I,.p. 235 sq.) V. également, là-dessus : Zeissberg, Die polnische Geschichtschreibimg des Mittelalters. Leipzig, 1873 (p. 19 sq.). Nous apprenons encore dans cette Passion que Boleslas racheta aux Prussieo le corps du martyr et le fit ensevelir solennellement à Gnesen.

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slyle ; je veux dire Ja Vita Venceslavi « Vie de Wenceslas », le saint national de la Bohême (1), écrite entre Îj(j8 et ÎJTIj, sur l'ordre d'Othon II, par Gumpold, évoque de xManloue. Déjà, dans ses jeunes années, ce duc de IJohéme était devenu un fervent clirélicn eL avait reçu une éducation scientifique, sous rinfluence de sa mère Ludmilla; un double abîme le séparait de la sorte de son peuple, grossier et païen en majeure partie, tandis que, par contre, l'Église et le clergé trouvaient en lui un grand protecteur. D'après le portrait que notre auteur nous fait de lui, c'était une nature douce et débonnaire qui s'adonnait de plus en plus à l'ascétisme, mais qui était d'autant moins faite pour gouverner, surtout pour gouverner un tel peuple. D avait coutume de préparer lui-même le pain et le vin pour la sainte communion, en moissonnant le blé en secret pendant la nuit, et en cueillant les raisins (c. vni.; 11 avait même formé le projet de déposer la couronne, d'aller à Rome et de se faire religieux (c. xvi), lorsque, à rinstigatioii de son frère Boleslas, qui régna ensuite avec fermeté, il lut assassiné au moment oii il revenait de la messe (93o) (2). Peu de temps auparavant, il avait achevé la construction de l'église de Saint-Yitus, où il devait reposer, et il l'avait fait consacrer par l'évêque de Ratisbonne. Tous ses partisans furent persécutés. L'auteur nous parle, en terminant, de quelques miracles opérés par le saint, après sa mort.

Cette biographie, faite sur une commande venue de haut, et dont le sujet paraît puisé dans une tradition orale assez pauvre (3), est marquée au coin d'une rhétorique savante, qui se plaît souvent dans des constructions embarrassées et

1. Dans ksMrmum. German. histor., Scnftores,t. IV, p. 211 S(|. (Praef.) — Büdinger, Zur Kritik allboehmischer GeschichlCy dar.s Ja Zeilschrift f. Österreich. Gymnasien, 1857. Cf. par rapport au contenu, Dünimler, Otto der Grosse, p. 51 sq.

2. Gumpold nous assure (c. xxi) qu'il ny eut pas moyen de taire disparaître de la muraille de l'église les traces de sang et qu'on les voyait encore de son temps.

3. V. c. xxi-xxiii, XXV. L'auteur dit, par exemple (c. xxii) : « Ul veracium saepe nobis relatu patefactum est » , etc. — Je ne puis croire à des notes du Cubicularius de Wenceslas, ainsi que l'admet Büdinger, en s'appuyant sur le chapitre vingt-sixième.

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dans des périodes à n'en plus finir, ainsi que le montre déjà le prolog-ue, qui est fort embarrassé; uialgré cela, elle se répandit vile, et devint la base principale des biographies postérieures du saint : par là, déjà, elle acquiert de la valeur au point de vue de l'histoire de la littérature.

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