‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 296 sur 311 · Elle servira aussi de spécimen de ce poème · texte numérisé non relu

Elle servira aussi de spécimen de ce poème

Talia et auxistis hic Org'ana, qualia nusquam

Cernuntur, gemino constabilita solo.

Bisseni supra sociantur in ordine folles,

Inferiusque jacent quattuor atque decem.

Flatibus alternis spiracula maxima reddunt,

Quos agitant validi septuaginta viri, Brachia versantes muUo et sudore madentes

Certafimgue suos quiqiie monent socio?.

[498-499.] wuLFSTAN : vita akthklwoldi :\'M

org-ueil qu'il en décrit les sons, pareils à ceux du lonnorre. Après cela, il nous parlc^ et encore avec beaucoup do délails, du clocher, qui a cinq fenêtres et qui est orné d'une sphiîre dorée et d'un grand coq d'or. Ce coq, qui porte un sceptre dans ses pattes, inspire au poète une longue digression qui ne manque pas de beautés poétiques. La consécration de la cathédrale, à laquelle n'assistèrent pas moins de huit évrcjucs, lui fournit aussi le sujet d'un tableau détaillé; il nous parle ensuite des saints qui y reposent, notamment de Swithun et d'Aethelwold, dont Vulfstan célèbre encore ici les louanges, Aelfeah imite leur exemple, en sorle que lui aussi deviendra l'égal de ces saints.

Le style est simple et coulant; Ihexamèlre et le pentamT^lrc ont fréquemment la rime à l'intérieur, mais ni pour l'un ni pour Tautre, cette rime n'est systématiquement régulière.

La biographie d'Aethelwold, Vùa Aethelœoldi y par Wulfstan , n'est peut-être, ainsi que Dietrich semble l'avoir montré (1), qu'une édition revue et augmentée d'une vie composée par le célèbre abbé Aelfric, qui avait été aussi l'élève du saint et que nous étudierons dans le chapitre suivant. Quoi qu'il en soit, cette biographie du célèbre évéque est écrite d'après les meilleui'es sources et provient en tout

Viribus ut totis impellauL tlamina sursum,

El rugiat pleno capsa referta sinu :

So'a quadringentas quae sustinet ordine musas,

Quas manus organici tempérât ingenii.

Has aperit clausas, iterumque has clauditapertas,

Exigit ut varii certa camoena soni.

Considuntqiie duo concordi pectore fratres, îCt regit alphabetum rector uterque suum. Suntque quater dénis occulta foramina linguis,

Inque suo relinet ordine quaequedecem. Hue aliae currunt, illuc aliaeque recurrunl, Servantes modulis singula puncla suis, Et feriunl jubilum septem discrimina vocum, Permixto lyrici carminé semitoni.

On ne saurait douter, vu les fonctions de l'auteur, de la vérité des détails de cette description, d'autant plus que chacun était toujours à même de les contrôler,

1. Dietrich, Aht Aelfrik, dans Niedners Zeitschr. f. Iiisfnr. Theologie, 1855. Cahier 4, p. 523 sq.

o38 LITTÉRATURE LATINE [499-500]

cas d'un de ses élèves, qui avait été témoin oculaire de ses actions et qui tenait en partie ses communications de la bouche même du prélat (1).

Aethelwold descendait d'une noble famille de Winchester. Les rêves de sa mère annoncèrent déjà, avant sa naissance, sa sainteté et sa sagesse futures. Et, en effet, l'enfant montra déjà, dès les premières leçons qu'on lui donna de bonne heure, les grandes qualités dont il était doué. Parvenu à Tadolescence, le roi Aethelstan l'appela à la cour, et là, il apprit des sag-es [sapientes) (2) du roi des choses utiles, qui lui profitèrent beaucoup. Sur l'ordre du roi, l'évéque de Winchester, Elfcgus, fit entrer Aethelwold dans l'état ecclésiastique et l'ordonna prêtre (c. vu). Il reçut la prêtrise en même temps que Dunstan, et Févêque prévit déjà en eux des princes de l'Eglise. Après être resté encore quelque temps, selon le désir du roi, auprès de l'évéque, pour se perfectionner dans la B

science ecclésiastique (3), Aethelwold alla à Glastonbury, ^

monastère dirigé déjà par Dunstan, et il y reçut l'habit religieux. Là, il s'adonna avec ardeur non seulement à Tétude de la théologie et suitout à celle des Pères de l'Église, mais encore, par surcroît, à celle de la grammaire et de l'art métrique. Bien qu'il fût doyen du monastère, il ne s'occupait pas moins des services les plus humbles, et il travaillait chaque jour au jardin (c. ix). Toutefois, ces études ne suffisaient point encore à x\ethelwold ; il voulut visiter le continent pour se perfectionner dans la connaissance de TEcriture Sainte et de la discipline monastique. Mais, sur le conseil de la reine-mère, Eadgiwe, qui désirait retenir un tel homme dans le pays, Eadred, qui régnait encore (946 à 9oo) (4), le nomma abbé du monastère d'Abingdon, que le roi dota richement de possessions et d'argent (c. xi). Il ordonna aussi d'y faire des constructions, et Aethelwold en surveilla en per-

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