Ch. XIV, V. 20, et, ci-dessus, Vol. I, p
5. Le récit de Cynewuif offre ici un contraste frappant avec le modèie latin : d'après ce dernier, Hélène persécute les Juifs avant de partir.
[58.] CYNEWULF. — HÉLÈNE 03
la fêle de l'Invention de la Sainte-Croix. (1). Que l'enfer soit fermé, le ciel ouvert et le salut accordé par Marie à tout homme qui célèbre la tête de la Croix ! C'est ainsi f[ue l'auteur termine son récit, en s'appuyant sur le modèle latin.
Cynewulf, toutefois, y ajoute (v. 1.237 sq.) un épilogue d'un caractère essentiellement personnel (2). Ici, comme dans son poème sur le Chrisl, il parle, avec la conviction dans l'âme, de la vie coupable qu'il a menée jadis avant de connaître la vertu de la croix et d'être éclairé de la grâce dans sa vieillesse. En nous faisant ensuite connaître son nom par des rimes (v. 1.2o7 sq.), il jette un regard rétrospectif sur les vaines joies de sa jeunesse : les joies de la vie sont fugitives ; les biens de ce monde, qui périra lui-même parles flammes, sont passagers. A la fin du monde, l'humanité se divisera en trois catégories : en haut, dans le feu, seront les âmes pieuses ; pour elles l'ardeur des flammes est tempérée et adoucie. Les pécheurs occupent le milieu : leur cœur est plein d'angoisses et ils sont entourés de murailles brûlantes et de fumée. Au fond de la mer de feu, se trouvent les sacrilèges maudits : de là, ces derniers sont précipités dans les abîmes de l'enfer, tandis que les deux autres phalanges sont purifiées de leurs fautes, comme l'or l'est par le feu, pour recevoir ensuite le bonheur de la paix et la félicité olernelle (3).
1. Le modèle lutin donne, comme jour et fête de l'Invention de la Sainte- Croix, le 5 des nones de mai, par conséquent, le 3 mai, jour où la tête était déjà célébrée sous saint Grégoire-le-Grand. Notre poète dit par contre : « Vas pâ lencten âgân | bûtan VI nihtum aer sumerescyrae ] on maias kalendas (v. 1227). »
2. C'est ici que se trouvent, sur la vie du poète, les données les plus importantes que nous avons mises à profit dans le début de ce chapitre.
3. Cet épilogue a encore, dans les quinze premiers vers, un charme particulier que lui donne la rime; cette dernière, qui relie génétalement les hémistiches de la même ligne longue, lelie une lois aussi deux lignes qui se suivent ; par exemple, v. 1240 sq :
nihtes nearwe, nysse ic gearwe be d?ere rôde riht, ger uiê rûmran yepeaht purh dà mseran müh on modeb peath :
Parfois la rime n'est aussi qu'une pure assonance.
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