CHAPITRE DIX-HUITlÉME
LITTÉRATURE NATIONALE DES ANGLO-SAXONS. HOMÉLIES. AELFRIC. POÈMES HISTORIQUES.
Les ouvrages des Ang-lo-Saxons, composés en langue vulgaire dans cette période, sont, dans le domaine didactique, bien supérieurs à leurs ouvrages latins, au point de vue littéraire. C'est à cette période qu'appartient le principal représentant de la littérature nationale, et c'est lui qui porta la prose anglo-saxonne au sommet de la perfection qu'elle devait atteindre. J'ai nommé Aelfric^ cet auteur qui n'est pas moins remarquable sous le rapport de la fécondité. Mais, dans cette période, la prose didactique fut cependant cultivée déjà avant lui. L'exemple donné par le roi Aelfred avait porté ses fruits, malgré la décadence de la culture scientifique, ou peut-être à cause d'elle : plus la connaissance du latin devenait rare, plus devait se faire sentir, comme au temps d'Aelfred, le besoin de répandre et de favoriser la culture scientifique et religieuse, au moyen de la langue du peuple. On atteignit d'abord ce but par des traductions et par des élaborations d'ouvrages latins. C'est ainsi que la Règle de saint Benoît fut traduite, d'une manière fidèle (3) et en général habile, par Aethelwold, à ce qu'il semble; si Ton excepte Dunstan, c'est lui qui se donna le plus de peine pour l'introduire (4). C'est ainsi encore que
1. Ce n'était point Dunstan, ainsi que le montre déjà le prologue, car il y est question de lui comme d'une troisième personne.