‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 302 sur 311 · V. vol, II, p · texte numérisé non relu

V. vol, II, p

4. D'après la même source que le poème anglo-saxon que nous avons étudié ci-dessus (p. 63 sq.).

5. L'ouvrage tout entier mériterait à plusieurs points de vue (nolammeiiL par rapport aux sources des sujets ou bien aux modèles) une étude approfondie, qui est encore complètement à faire.

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livre de Yerceil(l), il y en a certainement quelques-unes qui remontent à l'époque qui a précédé les ouvrages d'Aelfric (2).

Il y avait également d'autres écrits religieux en langue anglo-saxonne qui ne nous ont point été conservés : Aelfric se plaint même de quelques-uns, comme hétérodoxes (3). Mais les ouvrages de science profane écrits en langue vulgaire ne font pas non plus complètement défaut. On fait remonter à l'époque qui a précédé Aelfric un livre de médecine (Laece Boc) (4) : c'est un recueil d'ordonnances et de préceptes médicaux, reposant sur des sources de l'Antiquité classique, soit sur la tradition orale de l'époque pagano-germaine et irlandaise, puisqu^on y trouve des formules magiques. Cet ouvrage est certainement du plus haut intérêt, au point de vue de la civilisation ; malgré cela, on ne Ta point encore étudié autant qu'il mériterait de l'être (5).

Aelfric (6), né peu de temps après le milieu de ce siècle, fit ses études à Winchester, où il fut l'élève d'Aelhelwold. Il y devint moine de l'ancien monastère. Il se distingua plus tard tellement que, étant devenu le successeur d'Aelhelwold, Aelfeah le jugea digne, vers la fin de la huitième décade, d'être envoyé au monastère de Gernel ; le Than Aethelmer voulait réformer ce couvent et il avait demandé Aelfric vraisemblablement pour instruire les religieux. C'est là qu'il eut occasion de travailler son premier recueil d'homélies, avec lequel il débuta dans sa carrière si fertile d'écrivain. Il retourna à Winchester, où il travailla comme professeur, ce

1. Wiillier, Gnindriss (p. 485 sq.\ en donne le contenu d'après le manuscrit.

2. On y retrouve, par exemple, le sermon des BlickUng Homilies^ sur saint Martin, avec quelques changements peu notables. V. Wiilker, Op. c, p. 490.

3. V. la préface anglo-saxonne de son premier recueil d'homélies, Éd. Thorpe. Vol. I, p. 3.

4. Dans Cockayne , Leexhdoms, Wortcunning and Starcraft of earbj England, London, 1864-1866, t. II. — V. Wiilker, Grundriss, p. 509, Ten Brink, Gesch. der engl. LU., vol. I, p. 124 sq.

5. L'éditeur, il est vrai, a ouvert la marche dans sa préface détaillée.

6. Dietrich, Abt Aelfrik. Zur Literaturgeschichte der angelsächsischen Kirche. Dans JSiedners Zeitschrift für historische Theologie., 1855, cahier 4, et 1856, cahier 2. — Wiilker, Grundriss, p. 452 sq.

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dont témoignent les livres classiques qu'il composa au milieu de la nenvième décade. Son activité littéraire exlraoïdinaiic le mit en relation avec les hommes les plus remarquables, soit laïques, soit ecclésiastiques, en sorte que Wulfsine luimême, évêque de Shireburn, le chargea de lui faire nu mandement, dans lequel Févêque exposait aux prêtres leurs devoirs, tels qu'ils sont établis par les règles canoniques, et leur exposait en même temps des renseignements liturgiques (i). Il n'y a donc rien de bien étonnant de voir donner la direction d'un monastère à un homme si instruit et qui avait si bien mérité de TEglise.

Lorsque le Than Aethelmer voulut introduire la Règle de saint Benoît, à Egnesham, il appela son ami Aelfric, en 1005, et le nomma abbé de cette communauté. Là aussi, celui-ci continua ses travaux littéraires, dans l'inlérèt des laïques comme dans celui du clergé. Il semble avoir vécu jusque dans la troisième décade du xi^ siècle.

L'action littéraire d'Aelfric consista principalement à traduire du latin en anglo-saxon ; c'est ainsi qu'il débuta dans son premier recueil d'homélies. Ce qui l'engagea cà entreprendre ce genre de travail, ainsi qu'il le dit dans la préface anglo-saxonne de ces homélies, c'est le manque d'instruction religieuse pour ceux de ses compatriotes qui ne comprenaient pas le latin, et la crainte de les voir conduits à l'erreur par des ouvrages anglais hétérodoxes qu'ils croyaient remplis de sagesse. Cela était d'autant plus dangereux à une époque où l'on attendait très prochainement la fin du monde. Mais la traduction d'Aelfric est, comme les ouvrages du roi Aelfred(2) qu'il loue et qui apparemment ont été son modèle, plus ou moins libre, tantôt littérale, et tantôt d'après le sens; çà et là, c'est une pure élaboration, où une exposition inrlépendante se rattache à la traduction.

Ses travaux les plus étendus et en même temps les plus importants dans ce domaine sont ses trois recueils d'homélies,

1. V. ce qu'on appelle les Canons anglo-saxons dans Thorpe, Ancient laws and instUutes of England, vol. II, p. 342 sq.

2. V. la préface latine du premier recueil; il en est de même pour ce qui

suit.

^t)0 LITTÉRATURE ANGLO-SAXONNE [ol 0-511]

dont le premier, d'après Dietrich, vit le jour en 990, le deuxième, en 994, et le troisième, en 996. Les deux premiers (J) ont un lien étroit de parenté, vu que le deuxième n'est qu'une suite de la première. Tous deux sont dédiés à l'archevêque Sigeric et contiennent principalement des homélies, au sens strict du terme, c'est-à-dire que J'auteur y explique le texte de la Bible; dans les deux se trouvent des sermons pour les fêtes générales et les dimanches, rangés d'après Tannée ecclésiastique, de sorte qu'on les a appelées aussi Sermones catJioUci, notamment pour les distinguer du troisième recueil (2), qui contient des sermons pour les fêtes des saints, et même de saints que l'Ég-lise ne célébrait point d'une manière générale en Angleterre; on n'en faisait la fête que dans quelques monastères dont ils étaient les patrons; aussi, Aelfric lui-même intitule-t-il ce recueil : Passiones et Vifae Sanct07'iim (3).

Etudions d'un peu plus près les deux premiers recueils. Chacun d'eux a une préface latine adressée à l'archevêque et chacun contenait quarante sermons (cwyda) (4); le deuxième, que l'auteur avait déjà en composition lorsqu'il éditait le premier, devait lui servir de complément et alterner avec lui, car il était destiné à servir la deuxième année (o). Mais c'est la première considération qui a eu le plus de poids, car il n'y a que quelques jours de fête, comme la Nativité du Sauveur, l'Epiphanie, les Rameaux, Pâques, le martyre de saint Etienne, qui soient contenus dans les deux recueils : la plu-

1. The homilies ofthe anglo-saxon church. The first part, containing the Sermones catholici on homilies of Aelfric. Bv Thorpe, 2 vol., London, 1844-1845.

2. Aelfric' s Lives of Saints beîng a set of sermons on Saints' days, etc., éd. by Skeat, London, 1881 (vol. I).

3. Dans la préface latine de ce recueil : « Placuit nobis in isto codicello orcYmaiTe passiones vel vitas sanctorum 'ûlovum, quos non vuïgus, sed coenobitae officiis veneranlur. »

4. « On aegder peera boca sind feowertig cwyda. >) Préface anglosaxonne du deuxième recueil. Cf. aussi la préface latine. Dans le manuscrit du deuxième reci.eil, comme dans Tédition de Thorpe, on en trouve quelques-uns de plus, qui ont été sûrement ajoutés plus tard. V. à ce sujet, Dietrich, p. 507 sq.

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