‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 304 sur 311 · Voir, pour plus de détails, Dietrich, p · texte numérisé non relu

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2. Les Sept-Dormants y étaient même traités avec une brièveté étonnante. Par rapport à la vie de saint Martin, v. Dietrich, p. 520.

3. Nous avons relevé les noms des saints anglais en les imprimant en italique.

4. Ce recueil d'homélies a, dans les missels, trois suppléments anglosaxons : le premier a pour titre Interrogationes Sigeivulfi, dont nous parlerons plus loin; le deuxième, De falsis das, homélie traduite du latin et qui n'a point encore été imprimée (à ce qu'il paraît, elle ne manque point d'intérêt pour l'histoire de la civilisation, v. Dietrich, p. 252) ; le troisième est une traduction anglo-saxonne de l'écrit attribué à saint Cyprien et intitulé De XII ahiisivis. Ces trois pièces sont, avec plus ou moins de raison, attribuées à Aelfric.

[513-^)14] AELFRIC: TRADUCTION DE l'aNC. TKST\MI:nt 'i.j.'i

Agnès, il a suivi la Vie attribué»^ à saint Anibr(iise; pour celle de saint Marlin, Sulpice Sévère; pour celle d'Eadniund, Abbon; et Lantfrid, pour celle de Svvithun (i). L'ouvrage célèbre, Vitae patriim^ auquel il fait allusion dans la préface latine, a été également mis à profit parfois, par exemple, dans la Vie de sainte Eugénie. Ce recueil est encore remarquable au point de vue de la forme, en ce que, bien plus encore que les deux autres, il est écrit dans une prose rythmique et même en partie allitérante. Toutefois, il ne saurait être ici question de poésie, d'autant plus que l'expression en est simple , claire et coulante , mais sans ornement et sans emphase : elle note constamment ce qu'on peut appeler 5^r?/?o pedester et, fréquemment même, elle se rattache immédiatement à la prose latine de ses modèles.

La traduction des livres de TAncien Testament, à laquelle Aelfric mit ensuite la main (2), ne fut pas moins importante pour la diffusion de la culture générale et en particulier de la culture religieuse parmi les laïques de l'xVngleterre. L'idée de ce travail lui vint encore, ainsi que nous l'apprenons de la préface détaillée de la Genèse, de son ami, l'Ealdorman Aethelwerd, qui le pria de traduire ce livre. Pour le décider à tenter cette difficile entreprise, il ne lui demanda d'abord qu'une traduction du livre jusques à Isaac, vu qu'à partir de là, il en avait une. Mais ce n'est pas la difficulté seule qui rendait Aelfric perplexe. Il regardait comme très hasardé un récit (( nu » de la Bible sans explication de 1' « intelligence spirituelle » ; il craignait que, si elle venait à tomber entre les mains d'un homme borné, il ne se crût autorise à vivre comme les patriarches, notamm.ent au point de vue charnel. Dans la préface, Aelfric donne des exemples de l'intelligence spirituelle, en montrant la Sainte Trinité dans les deux premiers versets et en disant comment elle se manifeste dans le livre. 11 fait voir également des types de Jésus-Christ. Voilà pour-

1. Pour le modèle nommé en premier lieu, V., ci-dessus, p. 301, et, pour les deux autres, p. 394 sa. et 496; quant à Sévère, V. Vol. I, p. 317 sq.

2. Dans Grein, Bibliothek der angelsächsüchen Prosa. Vol. I, p. 22 sq. Pour le livre d'Esther, qui n'y si trouve pas, voir plus loin.

quoi les cliréliens doivent tout aussi peu réprouver l'Ancien Testament que les Juifs le Nouveau.

A sa traduction de la Ge?ièse (laquelle, si on fait abstraction de quelques rares omissions, reproduit exactement son modèle), Aelfric ajouta une traduction, mais seulement par fragments, des quatre autres libres à\i Poitateuqiie, en se servant probablement d'une traduction antérieure (1). Le Pentateuque fut suivi, plus tard, de la traduction des livres de Josifé, des Juges Già^ Esther (2) ; mais ici, il lui donna une forme allitérante. On attribue encore à Aelfric, avec quelque apparence de vérité, une traduction du livre de Job (3).

Notre auteur traduisit encore un ouvrage qui expliquait la Genèse, je veux dire le livre d'Alcuin, Interrogationes Sigeiculfi ; dans cet ouvrage, Alcuin répondait aux questions que son élève lui avait posées. Mais cette traduction ne comprend que des fragments de l'ouvrage, et Aelfric la fît précéder de quelques mots d'introduction sur la personne de l'auteur (4)-

Aelfric ne se borna pas à traduire des ouvrages spirituels ; il s'essaya aussi à des ouvrages scientifiques, qu'il remania en les traduisant. C'est ainsi qu'il publia un extrait, en langue anglo-saxonne, « du grand et du petit Priscien », en y ajoutant un recueil de mots latins avec traduction (5) ; il composa ensuite un petit livre de « dialogues » en latin, avec traduction interlinéaire, ainsi qu'une « grammaire » à l'usage des écoles (6). Il élabora également, en anglo-saxon, l'ouvrage de

1. Sur les omissions des passages difficiles à comprendre pour les Anglo- Saxons et peu importants pour le commun des mortels, voir Dietrich, p. 495 sq.

2. Édités par Assmann. dans VAnglin, Vol. IX, p. 25 sq. — Assmann, Aht Aelfrics angelsächsische Bearbeitung des Buches Esther. Halle, 1885 (Dissertation de Leipzig).

3. Dans Grein, Bibl. angelsächsischen Pi^osa. Vol. I, p. 265 sq. (Celte impression a été comparée avec le manuscrit par Assmann, dans l'Anglia, /. c, p. 39 sq.

4. Édité, avec une introduction, par Mac Lean, dans Anglia, Vol. VI. p. 425 sq., et VU, p. 1 sq.

5. Aelfrics Grammatik und Glossar, herausgeg. von Zupitza. Première partie : Texte et variantes, Berlin, 1880.

6. Ce Colloquium se trouve nouvellement édité, dans Wright, Anglo- Saxon and old english vocahularies. Deuxième édition, par Wiilker, vol. I. p. 89 sq.

\^\^] AFXFRTC : TRAOrCTTONS ."•*)."

Bède, De f,e77iporibifs, en se servant de deux autres ouvraj^^es de cet auteur : Dp tem.poriim ratioiw et Dr natura rrnim (1).

Parmi les écrits spirituels composés par Aelfric, d'une manière indépendante, étudions-en un qui semble avoir un intérêt général. L'auteur, un abbé, l'adressa à un laïque, le Than Sigferd. C'est une introduction à l'Ancien et au Nouveau Testament (2). Aelfric débute par cette plirase : « Celui-là est très sage, qui parle par l'intermédiaire de (bons) ouvrages. » Partant de cette sentence, il passe à l'œuvre par laquelle Üleu se révéla, la Création. Après avoir parlé à ce sujet de la Trinité, il fait un récit succinct de la création des anges et de la chute de Lucifer ; viennent ensuite la création de l'homme et sa chute ; après quoi. Fauteur passe aux livres de Moïse, dont il expose le contenu, en s'appuyant plus au long sur le premier et le deuxième et se mettant ainsi en parfaite harmonie avec sa traduction. Viennent ensuite les autres livres de l'Ancien Testament, avec une courte notice sur leur contenu et leur auteur. Ce qui est digne de remarque, c'est que Aelfric parle aussi des âges du monde.

Quant au Nouveau Testament, il débute, d'après notre auteur, avec saint Jean-Baptiste, qui précéda le Christ, comme Tétoile du matin précède le soleil. Ici, Aelfric traite chaque livre à part, comme il l'a fait pour l'Ancien Testament. Arrivé à Fauteur de l'Apocalypse^ Aelfric nous raconte à son sujet une longue et pieuse anecdote (3).

Après avoir terminé son introduction par un Amen, Fauteur y ajoute encore un appendice d'un fond très varié. C'est là qu'il compare les deux Testaments avec les deux séraphins dTsaïe et qu'il met en parallèle les soixante-douze livres delà Bible et les soixante-douze peuples qui existaient après le déluge, comme aussi avec les soixante-douze disciples du Sau-

1. F. A. Reum, De Temporibiis, ein echtes Werk des Abtes Aelfric, dans yAnglia. Vol. IX, p. 457 sq. Pour les ouvrages de Bède ci-dessus nommés, V. Vol. I, p. 604 sq. et 610.

2. « De veteri et de novo Testamente », dans Grein, Bibliothek

angelsächsischer Prosa, Vol. I, p. 1 sq.

3. Le salut du jeune homme tombé entre les mains des voleurs, d après Eusèbe, Histoire ecclésiastique, 1. III, c. xxiii.

veur. Il y parle ensuite du septième et du huitième âge du monde (1), de la valeur de la connaissance de la Bible, à laquelle se rattache une exhortation aux trois états des cultivateurs, des militaires et des orateurs. Vient enfin une description de Jérusalem (2).

Dans cet écrit, Aelfric a mis surtout à profit l'ouvrage de saint Isidore : In libidos veteris ac novi testamenti prooemia.

Considérés dans leur ensemble, les travaux littéraires d' Aelfric ont une aussi grande valeur sous le rapport du fond que sous celui de la forme. Par lui, la prose se voit émancipée de son modèle latin; elle prend des allures libres, faciles et même gracieuses; dans le fond de ses ouvrages, on remarque les progrès de la culture spirituelle et morale, auxquels la réforme ecclésiastique, introduite par Aethelwold et Dunstan, avait ouvert la voie (3).

Dans le domaine de l'histoire nationale, nous voyons, dans cette période, se continuer les annales anglo-saxonnes (4), mais l'exécution décline et tombe au niveau du style des chroniques, tant ces annales sont sèches et manquent de vie. Comme compensation, on y voit çà et là des poèmes (5) rem-

1. Le septième est raconté d'une manière toute spéciale : « Seô seofode yld ys, pe yrnd mid pisum sixum fram Abele pam rihtwîsan ôd pissere worulde ende, nâ on lybbendum mannum, ac on fordfarennum sâwlum on pam ôdrum lîfe, par par hig blissiad andbîdiende git pas êcan lîl'es, penne hig arîsad, swâ svvâ we ealle sceolon, of dêade gesunde ûrum drihtene tôgeânes. » Op. c, p. 19 sq.

2. VAmen qui suit termine le livre, à mon avis. Le petit supplément qui vient ensuite et dans lequel l'auteur prévient le Than qu'il ne lui servira rien à boire, quand il viendra le voir, ne semble donc être qu'une sorte de post-scriptum.

3. C'est ce qui ressort clairement de la comparaison de ses homélies avec l'ancien recueil Bückling, ainsi que l'a fait remarquer Earle, Anglo-Saxon lUerature, London, 1884, p. 215 sq.

4. Un certain Aethelweard, peut-être le protecteur d'Aelfric, en fit, à cette époque, une élaboration, mais seulement par extraits et souvent dans un mauvais latin, laquelle va jusqu'à l'année 975. Il divise son travail en quatre livres, dont le dernier renferme quelques notices personnelles et estimables. V. Lappenberg, Gesch. Englands, p. lvi. Cet ouvrage est publié dans les Monumenta historica britann., p. 499 sq. Cf. à ce sujet, la préface, p. 82 sq.

5. Dans Wiilker, Bibliothekder angelsächsischen Poesie. Vol. I, p. 374 sq. et dans les éditions des Annales (V. ci-dessus p. 249, rem. 1). — VVulker, Grundriss, p. 338 sq.

[516-517] AELKRIC : TKADUr.TIONS îi^V

placer celte prose aride (1), par exemple, dans les années ÎIIH, 942, 973^ 975 de notre période. En denx autres endroits (959, 979), l'expression poétique et même allitéranle çà et là semble vouloir faire allusion à de tels poèmes.

Le plus remarquable de ces poèmes (soixante-treize li-ties longues) et le seul qui ait quelque valeur vraiment eslbétiijue, c'est le premier : l'auteur y cbante la victoire des Ando- Saxons, à Brunanburh, sur les Ecossais, conduits par leur roi Constantin, et sur les Normands d'Irlande, leurs alliés ;i[ célèbre surtout le grand roi Aethelstan et son frère. Il débute en l'année 937 : « Ici, le roi Aethelstan, le brave des braves, le paladin des paladins, et son frère aussi, le noble Eadmund, combattirent le bon combat et acquirent, avec le tranchant de leur glaive, dans la bataille de Brunanburh, un honneur aussi durable que la vie; les fils d'Eadwear pourfendirent le rempart de boucliers ; avec leurs marteaux ils abattirent cette forêt de tilleuls ; leur race ne leur avait-elle pas donné l'exemple en défendant le pays, le trésor et la patrie contre toutes sortes d'ennemis? » Le poète raconte ensuite comment tombèrent les Écossais et les habitants de la mer, voués d'avance à une mort certaine; les champs ruisselèrent du sang des combattants, depuis le matin jusqu'au soir; les Saxons de l'Ouest poursuivirent les Écossais, et ceux de la Mercie défirent les Normands conduits par Aulaf. Il ne décrit point plus au long le combat lui-même , mais bien la défaite des ennemis et la fuite honteuse de leurs chefs. 11 parle ensuite de la rentrée glorieuse des deux frères vainqueurs, qui laissent les corps des ennemis tombés en pâture au corbeau, à l'aigle et au loup. Depuis l'arrivée des Angles et des Saxons, l'île n'avait jamais vu une telle victoire. Ce poème est un chant de triomphe inspiré par un patriotique orgueil (2).

Les deux qui suivent sont courts, et leur contenu est sans importance. Le premier (treize lignes longues) nous fait le

is ces poèmes n'ont pas été pour ceh écrits dans l'année même dont ni les faits, ainsi que l'a montré déjà Lappenberg. Op. c.

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