‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 41 sur 311 · LE PHÉNIX · texte numérisé non relu

LE PHÉNIX

qui voyait également dans le phénix une image de la résurrection et d'une vie nouvelle. Mais, avec les bienheureux, l'humanité reprend possession du paradis perdu par nos premiers parents, lieu de délices « oir le vrai soleil éclaire les phalang-es dans la forteresse de la magnificence ». (v. 587 sq.) Dans le dernier chapitre (v. 589 sq.), le phénix est présenté comme l'image du Christ (1), quand le poète se rattache à ce trait de la légende, où il est dit que les autres oiseaux accompagnent le phénix retournant dans sa patrie. Il a déjà préparé cette interprétation en montrant les oiseaux qui célèbrent le phénix comme leur roi. Les oiseaux, ce sont ici les bienheureux qui suivent le Christ dans sa patrie. Ils célèbrent, au paradis, Dieu comme père, et ils le célèbrent aussi comme fils, en tant qu'il est ressuscité à la manière du phénix. Le poète termine par un hymne en son honneur : cet hymne, chose étrange, est écrit en vers moitié anglo-saxons, et moitié latins, et la partie anglo-saxonne parait encore traduite du latin (2).

Gabier a démontré clairement [Op. cit. , p. 517 sq.) que cette première explication allégorique se rattache (3), même dans ses détails, à un passage de V Hexaëmeron de saint Ambroise (1. Y, c. xxm), et que le poète, en se référant à Job, se base sur le commentaire de Bède ( 1. II, c. xn).

Envisagé maintenant dans son ensemble, ce poème est^ au point de vue de l'exécution, un des ouvrages les plus attrayants de la poésie anglo-saxonne; son style ailé, au riche coloris, et aux comparaisons gracieuses (4), ce qui est rare dans la poésie anglo-saxonne, ne fatigue point, malgré les répétitions qui, ga et là, déparent le sujet. Le poème se distingue

1. C'est ce que le poète dit expressément au v. 646 sq. : « — Swâ Fenix bedcnad \ geong in geardum godbearnes meaht. »

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