‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 47 sur 311 · Grein, BibL, Vol. II, p. 142 sq · texte numérisé non relu

Grein, BibL, Vol. II, p. 142 sq

Nous trouvons encore ce même genre de poésie didactique dans un poème du codex d'Exeter. Il a pour sujet les Dix instructions qu'un père sage et expérimenté donne à son fils (quatre-vingt-quatorze lignes longues 1). Le récit manque absolument de cadre (2). La première instruction est celleci : « Aime tes père et mère, tes proches parents et ceux qui t'instruisent. » La deuxième : « Ne fais rien de mal aux ennemis ni aux amis. » La troisième : « Prends toujours de bons conseillers. » La quatrième : « Sois fidèle à ton ami. » On trouve dans la cinquième un grand nombre de bons préceptes : « Le fils doit s'abstenir de l'ivrognerie — le vice national^ — des paroles insensées (qui en sont la suite), de la malice dans le cœur et du mensonge dans la bouche, de la colère, de l'envie et de l'amour « des femmes étrangères »(3). Le père, dans la sixième instruction, dit à son fils: « Apprends à distinguer le bien et le mal et choisis toujours ce qu'il y a de meilleur. » Dans la septième : « Sois prudent en tes paroles. » Dans la huitième : « Espère en Dieu, pense aux saints et dis toujours la vérité. » Dans la neuvième : « Observe la loi et les commandements de Dieu. » Dans la dixième enfin : (( Dieu dispensera ses dons en abondance à celui qui se garde de pécher par paroles et par actions, et qui est véridique ; combats ta colère ; n'aime pas à tout blâmer, ne sois point équivoque, mais aimable et franc. »

Il est facile de voir que ce poème présente bien des faiblesses dans sa composition, ainsi que l'indiquent déjà les répétitions; mais, d'un autre côté, il n'est pas sans intérêt pour l'histoire de la civilisation, par exemple, dans l'importance particulière que Fauteur attache aux vertus de la fidélité et de la véracité.

Tout autre est le genre didactique que nous offrent les

1. Thorpe, Cod. Eœon., p. 300 sq. « AFather's instruction to his son. » — Wülker, Bill., Vol. I,p. 353 sq. « Des Vaters Lehren. )>

2. Le poème débute ex abrupto : u Pus frôd fäder freobearn laerde, » et se termine par la dernière instruction.

3. « Fremdre mewlan )> (v. 39), ne signifîe-t-il ici que les femmes d'une tribu ou nationalité étrangère? ou bien cette expression a-t-elle encore, dans ce passage, une signification particulière?

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