V. Vol. I, p
4. Nous n'en possédons que du premier livre ; c'est Weinhold qui les a le mieux édités. Paderborn, 1874.
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du traducteur ; il n'est pas esclave de son modèle dans la formation de la phrase, mais il se meut librement et sait faire le compte de sa langue maternelle, sans rien sacrifier de la fidélité. C'est de cette manière que la prose allemande commença à se former et h enrichir son dictionnaire, deux choses dont elle avait besoin pour exprimer les pensées nouvelles de la science chrétienne.
Mais la première production littéraire indépendante ne paraît, autant que nous puissions en juger, que vers le milieu du premier quart du ix^ siècle, et celle production a lieu dans le domaine de la poésie chrétienne. Ici encore, comme dans la littérature anglo-saxonne et dans la poésie chrétienne-latine, ce début poétique a pour sujet l'histoire biblique. C'est l'harmonie des Evangiles en saxon, ouvrage qu'on a nommé Helia?îd {Ee'ûdinà = Sauveur) d'après le héros (1).
L'auteur inconnu de cette Messiade, qui comprend environ dix mille lignes longues, a pris pour modèle YHarmo7iie des Évangiles, ouvrage latin qui porte le nom de Tatien; il le suit en général dans le choix et l'ordre du sujet, mais il s'en écarte dans les détails ; il en omet plus de la moitié (2) et en déplace d'autres parties, comme, par exemple, le Sermon sur la montagne. Ajoutons que, pour suppléer aux lacunes de son modèle et surtout pour avoir plus libre carrière dans ses développements, il amis à profit les commentaires de la Bible les plus en vogue à cette époque, et en première ligne celui de Raban sur saint Mathieu — saint Mathieu formait aussi la base du travail de Tatien, — ensuite celui de Bède sur saint Luc et saint Marc, ainsi que celui d'Alcuin sur saint Jean. Il est parfois revenu à la Bible elle-même (3). Ce poème, on le voit
1. Heliand herausgeg. von Sievers. Halle 1878 (introduction). — Eeliand heraiisgeg. von Rückert. Leipzig, 1876 (introduction). — Windisch, Der Heliand und seine Quellen. Leipzig, 1868. — Grein, Die Quellen des Heliand, nebst einem Anhang : Tatians Evangelienharmonie harausgeg. Cassel, 1869. -— Sievers, Zum Heliand, dans : Zeitschr. f. deutsch. Alterth. Vol. XIX, 1876. — Vilmar, Deutsche Alter thüm er, im Heliand. 2 Aufl. Marburg, 1862.
2. Des cent quatre-vingt-quatre chapitres de Tatien, soixante ont été passés sous silence, et des passages considérables des quarante autres n'ont pas été traités du tout par le poète. V. Grein, p. 55, cf. p. 50 sq.