V. Windisch, Op. c, p
donc, n'est pas une simple paraphrase du livre de ïatien. Certes, Técrivain s'est à peine élevé à la hauteur d'une composition indépendante, et on ne reconnaît pas de division artistique dans son sujet. On peut bien, si on le désire, y voir trois parties, avec Rückert il) : la première (v. 1-1120), qui finit avec la tentation, contiendrait la préparation, la naissance et l'apprentissage du Christ à la veille de sa mission; la deuxième, qui prendrait à l'entrée à Jérusalem (v. 1121-3670), exposerait la doctrine et les miracles du Christ ; la troisième enfin traiterait de la passion, la mort, la résurrection et l'ascension. Cela est possible; mais cette division n'est nullement indiquée par le poète, et apparemment il ne l'a pas eue en vue. Par contre, il a considéré lui aussi le Sermon sur la montagne comme le morceau saillant de l'enseignement du Sauveur et il l'a fait ressortir dans son récit par une introduction que lui avait suggérée le commentaire de Bède (2). Là est le point culminant de l'élément didactique dans ce poème, et la place que l'élément épique tient dans les deux autres parties, l'élément didactique Toccupe dans la seconde en général.
Toutefois, ce n'est pas tant dans la composition que repose l'originalité de Touvrage, non plus que sa valeur esthétique, que dans le genre d'exécution poétique ; c'est ce genre qui, en lui donnant son caractère national, rendit possible par là la réalisation du but que se proposait le poète, instruire ses compatriotes nouvellement convertis, et répandre parmi eux non seulement la connaissance, mais encore l'amour de l'Evangile. Or, ce genre d'exécution poétique s'offrait et s'imposait même au poète. Voulant faire le récit de la vie du Christ et chanter ses actions, ses miracles, ses discours ou ses souffrances, il ne pouvait guère avoir qu'une seule forme poétique pour les exprimer^ et cette forme était celle de la poésie épique nationale. C'est ainsi que, pour lui, le héros du poème, Jésus- Christ, devait être roi — il le nomme même deux fois roi du peuple (3) — et que ses disciples devaient être ses paladins ; l'honneur d'un paladin, c'est d'être fidèle à son maître et de