Thio'icuriinç », V. 4799 et
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mourir volontairement pour lui. Voilà comment s'exprime saint Thomas (1) en exhortant les autres disciples à suivre le Sauveur dans son dernier voyage à Jérusalem. Fidélilé jusqu'à la mort : voilà ce qu'exigeait le roi de la terre comme le roi du ciel. Et de même que celui-là récompense ses fidèles serviteurs avec des bijoux, de même celui-ci les récompense avec les joies de la vie éternelle : voilà pourquoi le Christ est le Ciiningo rikeost (le plus riche des rois); saint Mathieu^ épée du roi de la terre, n'hésite pas à le quitter pour se choisir le Christ pour « seigneur », car il est plus clément ; saint Mathieu abandonne l'or, l'argent, les bijoux précieux pour acquérir des biens plus aimables et un gain plus durable (v. 1196 sq.). Nous avons déjà vu que la poésie épique anglo-saxonne a compris, elle aussi, le Christ de la même manière (2). C'est par là que le récit biblique devint vraiment sympathique aux Germains.
Dans bien d'autres endroits, nous trouvons, comme une chose qui va de soi, cette germanisation naïve : les actions sont décrites comme si elles s'étaient passées en Allemagne, parmi les Saxons eux-mêmes (3). Les locahtés, les mœurs, les institutions politiques sont assimilées autant que possible, dans le récit, à celles des Saxons, en sorte qu'on a regardé et étudié avec raison Heliand comme une source pour la connaissance des antiquités allemandes à l'époque du poète. Sous ce rapport, cet ouvrage est une reproduction allemande de l'histoire évangélique. Quand l'assimilation n'était pas possible, le poète ne manque pas de dire expressément que c'est là un usage étranger (4). C'est apparemment à ce caractère germanique, d'un coloris si particulier, et si plein de fraîcheur et d'ensemble, qu'il faut rattacher ce courant d'hostilité contre les Juifs qui se fait jour à travers tout l'ouvrage, bien que
1. V. 3996. C'est ainsi qu'il rend le passage de la Bible (Joh.. c, ii, V. 16) : « Eamus et nos, ut moriamur cum eo. »