V. Windisch, p
3. Le poème est écrit de la main d'un contemporain sur les marges et les feuillets blancs d'un manuscrit dédié à Louis le Germanique par l'archevêque de Salzbourg, Adelram (821-836). Müllenhoff, p. 264.
4. Muspilli. Bruchstück einer althochdeutschen alli t er ir enden Dichtung vom Ende der Welt. Aus einer Hdschr. derK. Bibl. zu München herausgeg, von Schmeller. München, 1832. — Müllenhoff und Scherer, Denkmäler, n° 3. — Braune, Althochdeutsches Lesebuch, n° 30. — Zarncke, Ueber das Althochdeutsche Gedicht vom Muspilli, dans les Berichten der K. sächs. Ges. d. Wiss., Vol. XVIII, 1866, p. 191 sq. — Vetter, Zum Muspilli und zur germanischen Alliteratiompoesie (Metrisches. Kritisches. Dogmatisches). Wien, 1872.
5. A cause de la conflagration du monde qui, dans la mythologie germanique, est d^ésignée par cette expression, qu'on retrouve également dans ce poème, v. 57. En effet, Schmeller et ses successeurs, jusqu'à Zarncke
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que nous le possédons, nous raconte, dès le début, comment deux armées se disputent l'âme qui vient d'abandonner le corps : l'une d'elles vient des étoiles du ciel ; l'autre, de la poix de l'enfer. « L'âme doit se mettre en peine de savoir, jusqu'à ce que le jugement soit prononcé, de laquelle des deux armées elle fera partie » ; sera-t-elle conduite dans le feu et dans les ténèbres par les serviteurs de Satan, ou bien dans le royaume céleste par la troupe angéliquc? Malbeur à celui qui est condamné à brûler dans la poix; il élèvera en vain sa voix vers Dieu, car, sur cette terre, il n'a rien fait pour trouver grâce auprès de lui.
A partir du vers 31, le poète passe à une deuxième partie où il décrit les fins dernières, le jugement dernier et les événements qui l'annonceront. Il débute par le combat de l'Antéchrist avec Elie, d'après une ancienne interprétation, commune chez les plus illustres d'entre les Pères de l'Eglise, de quelques versets de V Apocalypse (c. 11, v. 3 et 7). Cette interprétation semble avoir été employée bien librement dans notre poème, car, au lieu de deux prophètes, Elie et Hénoch, il n'en met qu'un en scène ; et tandis que, dans la Bible [loc, c), tous deux sont vaincus et mis à mort, ici l'issue du combat est tout autre. « Élie combat pour la vie éternelle », dit le poète, « il veut affermir Fempire pour les justes; voilà pourquoi le Souverain du ciel viendra à son aide. » Mais l'Antéchrist est du côté de Satan, qui sera la cause de sa ruine. Aussi succombet-il dans la mêlée et y est-il vaincu; mais Élie est blessé, ainsi que le pensent bien des serviteurs de Dieu. « Dès que le sangd'Élie se répand sur la terre », la conflagration du monde commence, et cet incendie s'attaque à la terre, à la mer et au ciel; la lune elle-même tombe : voilà que le jour de la vengeance est arrivé; les hommes sont punis par le feu, et le parent ne peut plus aider son parent ni lui nuire. Le combat prend fin, dès que la propriété qu'on se dispute cesse d'exister. Mais l'âme attend son jugement. Ici (v. 63 sq.) se trouve encadrée, à l'adresse des juges qui se laissent corrompre, une exhortation qui peut-être ne faisait point originairement partie
voyaient, mais bien à tort, clans la description des fins dernières donnée dans ce poème, une réminiscence des mythes germaniques.
de ce poème : « Ils doivent ne pas perdre devue que le démon assiste en secret à leurs délibérations", et que cet espion note tout, afin de [le dévoiler au jugement universel. »
Là-dessus, commence le récit du jugement dernier luimême (v, 73). La (c trompette céleste » retentit; le juge se lève pour se mettre en marche ; avec lui s^avance la plus grande des armées, et elle est si hardie que personne ne peut la combattre. 11 se dirige vers le lieu déterminé où doit avoir lieu le jugement. Les anges parcourent le pays, éveillent les morts et les appellent devant le tribunal. Tout homme est tenu d'y comparaître : « là, la main doit parler, la tête doit s'expliquer, chacun des membres, même le petit doigt (1,, est tenu de raconter ce qu'il a fait de mal (2; parmi les hommes; là personne, si rusé qu'il soit, ne peut altérer la vérité ». Personne ne peut cacher ses actions : tout sera manifesté devant le roi, à moins qu'on ne l'ait expié par l'aumône et le jeune. Alors apparaît magnifique lacroixàlaquelle a été suspendu l'Homme- Dieu : le Christ montre les blessures qu'il a reçues comme homme et dont il a souffert par amour pour le genre humain.
Ici se termine ce poème. 11 n'est pas douteux qu'il ne forme un tout unique. Le sort de l'âme semble effectivement décidé déjà dans la première partie, bien que cependant elle n'entende prononcer la sentence que dans la deuxième ; mais cela s'explique, ainsi que Zarncke l'a démontré en détail (3), par les opinions dogmatiques qui se répandirent de plus en plus depuis saint Grégoire le Grand; cette contradiction apparente disparaît, si l'on considère que ce n'est que par la sentence du juge que le sort de lame devient définitif^ ou, si l'on préfère, légitimé (4).