‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 67 sur 311 · Vol. II, p · texte numérisé non relu

Vol. II, p

5. Ici la formation de la strophe n'a lieu que par la pause amenée par le sens ; nul refrain ne termine la strophe. Les ligues-refrain qui s'y montrent isolément sont d'une autre nature (voir plus loin).

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harmonie des Evangiles en vers, comme le poème saxon Héliand ; la différence au point de vue de la matière, c'est qu'il ne repose pas sur un ouvrage latin de ce genre comme le poème saxon, mais qu'Otfrid a choisi lui-même, dans les quatre Évangiles, les passages qu'il a mis en vers, sans viser à être complet (1) et en procédant avec une grande liberté dans l'arrangement. Il a même élargi le sujet du récit biblique en traitant en détail, lui aussi, le retour du Christ pour le jugement dernier. Enfin, il a encadré, dans son récit, maintes digressions purement didactiques, qui sont comme autant de chapitres de commentaires.

Ce n'est que peu à peu qu'Otfrid a composé et édité (2) l'ouvrage considérable qui a dû lui offrir de grandes difficultés ; il écrivit d'abord les premières et les dernières parties (3), puis le milieu de l'ouvrage ; il divisa le tout en cinq livres, qui se subdivisent en chapitres, et il le dédia, avec un poème acrostiche allemand (4) de quatre-vingt-seize lignes longues, à son roi Louis.

Il l'envoya en même temps à Tarchevêque de Mayence Liutbert, son métropolitain, pour le faire approuver et il joignit à cet envoi une lettre en latin qui nous donne les explications les plus importantes sur l'ouvrage lui-même. Deux

1. Il dit, dans îa dédicace à Liutbert : c Scripsi evangeliorum j)(i'ii^i^^'^\ ^^ c'est ce qu'il exprime encore dans le poème (v. plus loin).

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