‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 71 sur 311 · Au commencement des livres, il l'indique même en vers · texte numérisé non relu

Au commencement des livres, il l'indique même en vers

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une décade d'années (1) : le premier, formé de quatre cent quarante-sept vers, va jusqu'en 780 ; le deuxième, qui comprend cinq cent six vers, va jusqu'en 790 ; le troisième, qui a six cent trente et un vers, va jusqu'en 800 ; le quatrième, qui compte trois cent quatre-vingt-cinq vers, et embrasse, il est vrai, tout le reste du règne de Charles, va jusqu'à Tannée 813 et se termine avec le couronnement de Louis.

Dans les trois premiers livres, le poète suit, pas à pas, les annales dEginhard, auxquelles il emprunte presque toute sa matière et jusqu'à des expressions. Ce n'est point toutefois une versification sèche et lourde de ces annales; l'auteur sait y mettre du sien comme développement (2\ et, par là, il reproduit la matière d'une manière particulière ; grâce à des vers coulants, élégants même pour cette époque, il lui donne un certain charme esthétique. Les additions qu'il y fait sont en partie explicatives ; elles servent surtout à motiver ce qu'il avance (3) ; ce sont encore, en partie, des descriptions courtes ou longues, comme, par exemple, la description de la saison II, V. 13 sq. et m, v. o70 sq.), celle du temps de la journée (ï, V. 238 sq.), celle d'un tremblement de terre (iv, v. 38 sq.), celle de paysages, comme Paderborn (i^ v. 430 sq.), et Sait (n, V. 490 sq.); ou bien, ce sont des considérations ou des témoignages personnels de sentiments, comme au début du récit de l'attentat commis contre la personne du pape Léon

1. C'est ce que l'auteur dit lui-même, pour le premier livre, en le terminant.

2. Mais on trouve aussi des omissions, dans ces livres. Ce qui est caractéristique pour l'auteur, en sa qualité d'ecclésiastique, c'est qu'il ne parle pas du tribunal institué par Charlemagne contre le pape, dont Eginhard fait mention, à la fin de l'année 800.

3. Par exemple, dès le début du premier livre, où le poète explique pourquoi quelques-uns des Proceres de Karloman ne se soumettaient pas à Charles, et pourquoi la veuve se rendit auprès de Desiderius. — Il développe également d'une manière plus intelligible quelques passages des annales qui motivaient le récit d'Eginhard, par exemple (I, v. 233) : « Sed maie securos res prospéra fecerat illos, » etc., où les annales avaient seulement (anno 775) : « In caute se agendo. » Il en est de même (ibid., V. 136 sq., et 1. III, v. 12 sq.) où la phrase des annales (a. 791) : « Hunis factorum suorum vicem redderet » donne lieu à une longue peinture des déprédations des Huns, et où le poète parle de la main de sa femme.

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