Sed moles immensa, diu quae corruit ante
Non restaurari se subito patitur. v. 421 sq.
L'époque de la composition du poème ressort de ce passage.
2, Il ressort du contenu de l'ouvrage, au moins pour les deux premiers livres qui sont seuls à considérer ici, qu'ils n'ont pas été achevés avant l'année 896. Mais plusieurs raisons nous montrent que la partie principale de l'ouvrage (ce qui a trait au siège de Paris et aux événements qui le suivirent immédiatement) fut composée avant cette date (896); elle ne le fut point cependant avant le couronnement d'Odon, vu que ce prince y est toujours désigné sous les termes de rex venturus. D'abord le récit est ici bien plus détaillé que dans ce qui suit; de plus, il est peu probable qu'en 896, et par conséquent après dix ans, le poète ait gardé encore le souvenir de tous les détails qu'il y raconte; ensuite, dans la lettre qu'il envoya à Goslin avec son ouvrage terminé et composé de trois livres, il rappelle l'époque où il le commença par le mot tune, et il remarque qu'il était alors un débutant. Il y dit encore que les vers de sa dédicace, qu'il envoya à son maître et qu'il avait fait suivre sans nul doute de Tenvoi de la partie principale de l'ouvrage, n'obtinrent pas son approbation.
force du terme, car abbo (1), — tel est son nom — était moine du couvent de Saint-Germain-des-Prés, aux portes de Paris; en outre, dans son ouvrage, il célèbre Tillustralion de la capitale de la France proprement dite et du premier roi vraiment français, et il le fait avec le patriotisme le plus pur. Par là déjà, son poème De bellis Parisiacae iirbis, écrit en hexamètres, a une signification vraiment historique. Il comprend trois livres ; mais le dernier n'est qu'un appendice complètement étranger au sujet des deux premiers. Ce sujet, ce sont les combats contre les Normands, devant Paris, de 885 à 887 ; c'est notamment le siège de la ville, à partir de novembre 88o jusqu'au mois de mai 887 ; ce sont encore les exploits d'Odon, pendant ce siège, et, plus tard, sa royauté jusqu'à l'année 896, ainsi que les miracles opérés par saint Germain de Paris pendant la période de ces combats : c'est surtout à lui, en effet, au dire du poète, que la ville dut sa délivrance.
L'ouvrage commence par une dédicace en vers dactyliques (Tetram. catal. in syllab.), qu'Abbon adresse à son maître Aimoin, lequel est apparemment l'auteur du livre sur les miracles de saint Germain de Paris (2). Cette dédicace est précédée d'une lettre en prose, écrite par lui au moine Goslin, et où nous trouvons de précieuses explications, sur son poème. Nous y apprenons qu'un double motif a déterminé Abbon à écrire : s'exercer d'abord à faire des vers latins, car il était à une époque où *.< débutant dans la science des lettres », il scandait encore les églogues de Virgile ; en second lieu, offrir un modèle aux défenseurs des autres cités. Ses vers, dit-il, ne lui donnent aucune prétention au nom de poète. Il s'étend sur son éducation et prie son ami de corriger son poème qu'il n'a pas eu le temps de limer (3). Quant au troisième livre, il
1. Abbo, De bellis Parisiacae urbis, dans : Momim. German.hist. script., T. II, p. 776 sq. (Tirage à part, Hanovre, 1871, in-8). Praefatio. — Dümmler, Bie handscriftl. Ueberl. N. A. IV, p. 556 sq. — Ampère, His^ toire Umr, de la France sous Charlemagne, 2 éd., p. 303 sq. — Guizot, Collection des mémoires relatifs à VHistolre de France, Paris. 1824 (Notice).